NFL - Super Bowl : Le show anti-Trump qui fait parler aux Etats-Unis !
Arthur Montagne -
Journaliste
Affamé de sport, il a grandi au son des moteurs de Formule 1 et des exploits de Ronaldinho. Aujourd’hui, diplomé d'un Master de journalisme de sport, il ne rate plus un Grand Prix de F1 ni un match du PSG, ses deux passions et spécialités

Dans la nuit de dimanche à lundi, les Seahawks ont remporté le Super Bowl (29-13) face à des Patriots dépassés par la défense adverse. Mais comme souvent, le match a été moins commenté que le show à la mi-temps. D'autant que cette année, Donald Trump s'en est mêlé.

Très attendu et suivi par des centaines de millions de téléspectateurs à travers le monde, le SuperBowl n'a toutefois pas donné lieu à la plus belle finale de son histoire. Ce 60e SuperBowl était effectivement très défensif et c'est ce qui a permis aux Seahawks de dominer les Patriots (29-13). Kenneth Walker III, le coureur de la franchise de Seattle a été élu MVP du match grâce à ses 135 yards en 27 courses. Les Seahawks remportent ainsi leur deuxième SuperBowl après celui de 2013. Mais comme souvent, ce n'est pas l'aspect sportif qui a fait le plus parler.

Des artistes anti-Trump mettent le feu au SuperBowl

Et pour cause, le show de la mi-temps du SuperBowl est toujours un évènement très attendu lors duquel se succèdent des artistes mondialement connus. Cette année, c'est la superstar portoricaine Bad Bunny qui assurait le show. Et le choix est loin d'être anodin puisqu'il est incarne clairement une opposition ferme à la politique de Donald Trump. Grand gagnant des Grammy Awards la semaine dernière, Bad Bunny avait effectivement dénoncé la politique anti-immigration du président américain en lançant un : « ICE out » («ICE dehors» en référence à la police fédérale américaine de l’immigration qui a fait plusieurs victimes ces derniers jours, notamment à Minneapolis). Et lors du show de la mi-temps du SuperBowl, Bad Bunny s'est montré une nouvelle fois critique à l'égard de la politique de Donald Trump, assurant notamment que « la seule chose plus puissante que la haine, c’est l’amour ». L'artiste portoricain a voulu prôner un message d'union en réunissant plusieurs drapeaux aux côtés de celui des Etats-Unis, terminant son show un ballon de portant le message : « Ensemble, nous sommes l’Amérique ».

Trump y voit «une gifle à la face de notre pays»

Et ce n'est pas tout, puisque le show de l'avant-match était également assuré par des artistes ouvertement opposés à la politique de Donald Trump, à savoir le groupe Green Day. Il y a quelques jours, lors d'un show privé, Billie Joe Armstrong, le leader du groupe, s'était montré très virulent à l'égard de l'ICE exhortant les agents de la police fédérale américaine de l’immigration à « démissionner de vos jobs de merde ». Cette fois-ci, le groupe, réputé pour ses prises de position très forte, a été plus mesuré dans ses propos, au cours d'un set de seulement six minutes, qui laissait peu de place à des messages politiques. Néanmoins, Green Day, qui aurait pu choisir n'importe quelle chanson au sein de son très large répertoire, a décidé d'enchaîner quatre morceaux qui sont tous porteurs d'un message politique clair et critique à l'égard de la politique contemporaine aux Etats-Unis : Good Riddance, Holiday, Boulevard of Broken Dreams puis American Idiot.

Et bien évidemment, tout cela n'a pas été du goût de Donald Trump, grand absent de la soirée. Par conséquent, c'est par le biais de son réseau Truth Social que le président américain s'est exprimé, quelques minutes après le show de Bad Bunny, qualifié d'« affront à la grandeur de l'Amérique ». La méga-star portoricaine avait pris le soin de ne pas citer cette fois-ci le nom du président, ni de sa police de l'immigration. Mais cela n'a pas suffi à calmer la colère de Donald Trump qui s'indigne du fait que « personne ne comprend un mot de ce que dit ce type et les danses sont dégoûtantes ». Bad Bunny avait fait le choix de chanter et s'exprimer quasi-exclusivement en espagnol durant son show. En sachant très bien l'effet que cela susciterait. Et il ne sait pas tromper. « C'est une gifle à la face de notre pays », conclut le chef de l'État américain, visiblement très remonté par le choix des artistes pour assurer le show du SuperBowl, évènement ô combien important dans la culture américaine.

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