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L’étoffe des héros

Tottenham : Pourquoi Lloris doit jouer contre Arsenal

Hugo Lloris

Jouera ? Ne jouera pas ? C’est la question que se pose la France du foot chaque weekend concernant Hugo Lloris. Ce samedi, face à Arsenal pour le derby, le gardien pourrait avoir sa chance.

La rumeur enfle depuis hier soir. Lloris pourrait jouer cet après-midi (13h45) dans le derby du nord de Londres, à l’Emirates Stadium. Le match le plus important de la saison pour les supporteurs de Tottenham, dans lequel le gardien des Bleus pourrait montrer sa valeur. Un match à enjeu et à pression comme il les aime.

Meilleur sous la pression


Mardi 16 octobre 2012, stade Vicente Calderon de Madrid, l’Espagne mène 1-0 et Cesc Fabregas s’élance pour tirer un pénalty qui peut tuer la France. Hugo Lloris, se détend et sort la frappe du milieu du Barça. Quelques minutes plus tard, Pedro se présente, frappe, le portier repousse sur Fabregas qui reprend….Hugo tend le bras et sauve encore son équipe. La suite on la connait tous. Une deuxième période de feu et un match nul au bout du temps additionnel. Pourquoi ce flashback ? Pour montrer que Lloris est l’archétype du compétiteur qui aime les matchs à enjeu. En 5 saisons avec l’Olympique Lyonnais, il n’a jamais flanché dans les gros rendez-vous. Les derbys face à Saint-Etienne, il les a gérés avec le talent qui est le sien, et le détachement apparent qui rappelle un certain Fabien Barthez. Avec les Bleus, le Niçois n’a jamais failli dans les gros matchs, et a toujours été impeccable. Demandez à Steve Mandanda, condamné à jouer les doublures.

Pour faire court, si André Villas-Boas veut voir de quel bois est fait son gardien français, c’est aujourd’hui ou jamais. Dans un contexte hostile, face à certains de ses coéquipiers en Bleu (Giroud, Sagna), le goalkeeper (gardien de but) peut éclater à la face du Royaume de sa Majesté. De plus, Arsenal, au jeu très continental, correspond aussi à ce que le gardien connaît le mieux et sait lire et appréhender sur un terrain. Du cousu main pour lui, au terme d’une semaine qui a vu les rumeurs d’un départ précipité commencer à courir.


Une expérience incomparable


40 matchs de Champions League. Qui peut en dire autant dans le vestiaire des Spurs ? Personne à part Gallas (76), même pas le coach. Son concurrent Brad Friedel en a 23…en Ligue Europa, et 16 sélections avec les USA, la dernière il y a 10 ans. Il n’a jamais joué le haut du tableau avec ses clubs, et encore moins les gros matchs de milieu de semaine sur les pelouses du continent. D’ailleurs, est-ce vraiment une coïncidence si au moment où Tottenham fait un début de saison dans le Top 4, et où la pression du résultat augmente, Friedel et les siens perdent deux matchs de suite ? Wigan et Manchester City sont les deux dernières rencontres laissées en route par les Spurs, avec leur portier américain titulaire. Loin de nous l’idée de dévaloriser le solide gardien qu’est Friedel, mais aujourd’hui, c’est un match d’envergure que disputent les Londoniens, pas un rugueux Blackburn – Sunderland.

Sans doute désireux de faire un coup, Villas-Boas pourrait selon les « insiders » de la premier League, jouer la carte Lloris. Histoire de tester encore une fois un gardien acheté 10 millions, qui a joué une coupe du Monde et un Euro, est allé en demi-finale de C1 avec Lyon, et qui a participé à une victoire symbolique mais prestigieuse de sa sélection mercredi, à Parme, face au vice-champion d’Europe. Et tout ça à 26 ans. Qui dit mieux ' 

Par Ryad Ouslimani