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Marchandise instable

PSG : pourquoi faut-il se méfier de Tévez

Son talent n’a pas de limite. Et sa connerie non plus. Carlos Tévez est un très bon footballeur, mais surtout un bel emmerdeur. Partout où il est passé, ses buts et ses prestations abouties ont fait chaviré les supporters. Et partout, Carlos est parti par la porte de derrière.

Une vraie gueule, ébouillantée à cinq ans et cabossée à douze, par une sœur, maladroite, qui propulse une balançoire en pleine mâchoire de Carlos. Un talent pur, façonné dans un quartier ardent de Buenos Aires, où la technique ne peut survivre sans le physique. A 17 ans, le monde professionnel s’offre à lui avec Boca Junior. Très vite, les prétendants s’agglutinent autour du dimant Tévez. Les clubs européens, rentrés dans la danse, sont finalement devancés par une entreprise, et un homme. Une première. Media Sports Investment et son obscur patron, Kia Joorabchian, s’offrent le prodige pour une bonne quinzaine de millions d’euros. Le début du n’importe quoi. MSI, propriétaire des Corinthians, rameute son achat au Brésil. Carlos enquille vingt buts et s’accapare le trophée de meilleur joueur du pays. Mais voilà, Tévez, ou ses agents, ont la bougeotte et cherche une porte de sortie dès la fin de cette première année.

La tournée du royaume

Alors que les formations les plus sexys d’Europe lui font du pied, l’Argentin, contraint par ses agents, s’engage avec West Ham. A Londres, Carlos joue beaucoup, marque un peu, et s’énerve, déjà, lors d’une histoire de remplacement. Il sauve les Hammers de la relégation avant de faire part de ses envies d’ailleurs. United le veut. West Ham ne le lâche pas. Après quelques semaines de brouilles, le teigneux attaquant signe à Manchester, côté rouge. Sous les ordres de Ferguson, Tévez se sublime. En deux ans, il glane deux championnats et la plus prestigieuse des coupes européennes. Mais un évènement précipite son départ. Le technicien écossais décide de le laisser sur le banc lors finale de Ligue des Champions 2009. Un affront pour l’Argentin, qui ne le digérera jamais : « Avec Ferguson, on ne peut pas discuter. C'est impossible. Vous perdez tout le temps. Il se prend pour le président de l'Angleterre ». Soulé par United, Tévez a la bonne idée de signer à City. Ainsi, il se défait enfin des chaînes de MSI, qui le lègue définitivement pour 25 millions d’euros.

Le pro des missions d’intérim

A City, Carlos est dans la forme de sa vie. Il claque 22 buts pour sa première année. Son coach, Roberto Mancini lui refile même le brassard de capitaine. Mais en décembre 2010, Tévez recommence. Il transmet alors à sa direction une demande écrite de transfert, évoquant des problèmes relationnels avec certains membres du club. City refuse. Carlos, pour l’instant, se plie à l’avis de ses patrons et termine la saison. Jusqu’au fameux 27 septembre 2011. Les Citizens reçoivent le Bayern Munich en Ligue des Champions. Selon Mancini, Tévez refuse de renter en jeu. L’affront de trop pour le technicien italien qui demande à sa direction de bannir leur avant-centre. Demande acceptée. Pour la sixième fois en huit ans, Carlitos doit se trouver un nouveau club.

Ingérable, vous dites ? Carlos Bianchi, son entraîneur à Boca, ne partage pas cet avis : « Carlos ne pense qu’à jouer et à donner le meilleur de lui-même. Ce n’est pas un joueur difficile à entraîner. Au contraire, tous les entraîneurs du monde rêvent d’avoir ce genre d’attaquants sous la main ». Une année, deux tout au plus. C’est le temps, pour le volatile Tévez, de se lasser de ses amourettes.

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