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Sur la bonne voie

PSG : le Ménez nouveau va enfin décoller

Il est l’un des ex-futurs génies de la « génération 87 », parti en Italie chercher gloire et fortune. Revenu en France la saison passée, Jérémy Ménez porte encore les espoirs d’un club et aussi d’une sélection. Un costume qu’il va peut être réussir à endosser. Enfin.

Dribbleur, passeur, dynamiteur. Mais aussi nonchalant, indiscipliné et pour certains « tête à claque ». Jérémy Ménez cristallise les critiques autant qu’il attire les louanges. Une situation héritée d’un potentiel énorme, que beaucoup considèrent comme gâché… pour le moment. Mais le Parisien commence à donner des signes rassurants, et l’homme se construit, donnant de l’épaisseur au joueur. Petit à petit.

Un homme plus mûr…


La saison dernière, Jérémy Ménez était l’une des têtes d’affiche du recrutement du PSG version QSI. Arrivé de l’AS Roma, son talent donnait l’espoir d’une éclosion au très haut niveau, enfin. Mais malgré une saison correcte (33 matchs et 7 buts en L1), un goût d’inachevé persistait. Et pour cause, son jeu était encore parasité par un comportement passablement agaçant. L’ex-Monégasque est un joueur talentueux, mais tout aussi caractériel, et lorsque Mister Jérémy prend possession du Docteur Ménez, les cartons pleuvent (13 jaunes en une saison) et les critiques aussi. Car on ne pardonne plus les caprices et les sautes d’humeur en France. Knysna est passé par là. Et au PSG, les propriétaires qataris ne sauraient tolérer une présence d’un de leurs salariés dans la rubrique faits divers. Alors cet été, le joueur de 25 ans a pris un virage, au sortir d’un Euro mi-figue mi-raisin.
Tout d’abord, Carlo Ancelotti a joué au père fouettard en déclarant « ce n’est pas possible que Ménez prenne 13 cartons jaunes pour protestation », avant de souffler le chaud avec un désir de responsabilisation du joueur au sein du groupe (la rumeur du capitanat a même couru à un moment). Un déclic sans doute pour le joueur, qui depuis le début de la saison a n’a pris aucun avertissement en huit matchs. En dehors du terrain, le jeune homme, futur chef de famille, s’est rapproché des anciens du groupe comme Jallet ou Armand. Des exemples de professionnalisme et de comportement. Il a même déménagé dans un coin paisible, entouré de quelques coéquipiers. Un premier pas pour passer un cap humain, avant de franchir les étapes sportives.

… pour un joueur plus accompli


Contrairement à la saison passée, où Pastore et Nene étaient les créateurs décisifs du PSG, cette saison la lumière vient souvent des pieds de Ménez. Le joueur est tout d’abord plus discipliné tactiquement. S’il oublie encore trop souvent de venir défendre, il s’embourbe moins dans des dribbles inutiles, sans doute la présence d’Ibrahimovic l’oblige-t-elle à être plus juste dans ses décisions. Surtout, le Français est le seul joueur capable de faire la différence pour le moment, devant les performances atones de ses concurrents sud-américains.

Samedi, face à Reims, le joueur formé à Sochaux a montré en une mi-temps pourquoi il était devenu indispensable. Remplaçant de Nenê, il a métamorphosé son équipe, brouillonne et molle en première période. Ménez a débordé, est revenu dans l’axe pour servir de relais, joué en profondeur en prenant appui sur Zlatan et a même touché le poteau sur une frappe puissante. Sur 45 minutes, il a démontré qu’il était capable de jouer la juste partition, et pas seulement de rester dans un registre fixe. Reste maintenant à faire en sorte que les performances deviennent régulières, et surtout, que cette efficacité se transpose en Bleu, où le joueur reste encore décevant. Mais contrairement à Nasri ou Ben Arfa, le comportement sans bruit hors du terrain de Ménez lui donne déjà l’opportunité d’être présent dans le groupe. A lui donc de saisir sa chance en l’absence de concurrence sérieuse. 

Par Ryad Ouslimani