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À l’italienne

PSG : Carlo Ancelotti, roi du coaching ?

Considéré comme l'un des meilleurs techniciens au monde, Carlo Ancelotti a néanmoins fait quelques choix surprenants depuis son arrivée au PSG. Ce soir face à Lille, il ne va pas falloir se louper pour l'Italien.


En faisant entrer Diego Lugano à la place de Mathieu Bodmer, « Carlo Ancelotti a fait trois changements en un. Il a complètement désorganisé son équipe en décalant Bisevac sur la droite et en faisant monter Jallet au milieu de terrain » explique Elie Baup. Conséquence directe, l'égalisation est venue de la droite. Et le PSG a perdu deux précieux points dans la course au titre. Mais ce n'est pas une première. A Nancy, Ancelotti avait fait la même erreur en sortant Sissoko pour Ceara. Jallet était monté au milieu de terrain. Trois minutes plus tard, Mollo offrait la victoire à Nancy (2-1). « Il faut être indulgent avec Ancelotti juge Daniel Bravo. Ces changements défensifs, ce n'est pas quelque chose qu'il a l'habitude de faire car généralement il entraîne des équipes très solides. Là, il ne sent pas son équipe donc il a un réflexe d'auto-défense. » Un sentiment partagé par Elie Baup qui estime « qu'il ne faut pas lui jeter la pierre ». Pourtant, depuis son arrivée au PSG, certains de ses choix intrigues. On pense notamment au remplacement de Sakho dès son premier match officiel en Coupe de France à Locminé, la sortie de Ménez, remplacé par Matuidi à la mi-temps de la venue de Bordeaux, le positionnement de Bisevac au poste de latéral droit ou son système sans attaquant comme face à Toulouse et Marseille. Mais Ancelotti se borne à répéter qu'il s'agit de « choix tactiques ».

Bravo : « Le cadeau empoisonné de Leonardo »
Mais son coaching est-il adapté à son effectif ? « Ancelotti n'est pas satisfait de ce qu'il voit explique Daniel Bravo. Il a une équipe qui joue petits bras. Son groupe n'est pas adapté et il a une des équipes les plus faibles qu'il n'ait jamais entraîné. Il est aussi surpris du manque de leadership dans son équipe et de cette absence d'esprit collectif. Le PSG est loin d'être une grande équipe. Du coup, il expérimente, il cherche des solutions. Et comme il l'a déjà souligné, il n'a pas de match référence. Il essaye de trouver la meilleure solution, mais il n'y arrive pas. Aujourd'hui, il faut respecter Ancelotti même si certains se font un plaisir de lui taper dessus. Il faut attendre. S'il gagne le titre, il aura fait le job. Mais cette arrivée en cours de saison, c'était un cadeau empoisonné de la part de Leonardo. » Elie Baup poursuit : « Quand vous avez de bons joueurs qui ont le niveau technique, tactique et l'expérience nécessaire pour répondre à vos attentes, c'est plus facile. Là, il doit s'adapter aux qualités de chacun. Il cherche un idéal, mais il lui manque des joueurs clés. Du coup, il gère son effectif en impliquant tout le monde. »

Rendez-vous l'an prochain ?
Carlo Ancelotti paye enfin sa méconnaissance de la Ligue 1. « Il doit prendre la mesure de ce championnat pour mieux l'appréhender affirme l'ancien entraîneur, passé par Bordeaux, Saint-Etienne et Toulouse. En Italie, tu ne perds presque jamais contre les équipes de bas de tableau. En France, tout le monde peut battre tout le monde. » Et notre consultant de conclure : « L'an prochain, ce sera différent. On verra le vrai Ancelotti. Il aura fait son recrutement, il aura une meilleure connaissance de la Ligue 1 et des équipes adverses et il aura surtout six semaines de préparation avec son groupe. »