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Ambitieux

Ahamada : « Je rêve de jouer à l’OM »

A 20 ans et en l’espace de quelques mois, Ali Ahamada est devenu le gardien de Toulouse et de l’équipe de France Espoirs. Mais celui qui rêve de jouer à l’OM voit plus haut, à commencer par l’équipe de France A.

Ali, tu as eu une ascension fulgurante en passant en trois ans des 18 ans Nationaux de Martigues à la Ligue 1 avec Toulouse. Comment expliques-tu ça ?

Le foot, ça va très vite. Ca a été le cas pour moi. J’ai eu une année d’adaptation difficile quand je suis arrivé à Toulouse en 18 ans et l’année suivante, j’ai seulement joué deux matchs. Et puis j’ai eu ma chance, j’ai fait de bonnes performances et le coach m’a fait confiance.

Justement, Alain Casanova, qui est un ancien gardien, est-il pour beaucoup dans ta réussite ?

Oui. Il juge ses joueurs au quotidien et pas seulement sur les matchs. Ca a été un moteur pour moi. Il m’apporte beaucoup notamment sur les détails sur mes lacunes, ce que je dois corriger, ce qui me manque pour être plus performant. Il est tout le temps derrière moi à me dire ce qui ne va pas. Il me pousse à me surpasser et à bosser davantage. J’apprends chaque jour à ses côtés.

« La foi m’a permis de me canaliser »

Comment expliques-tu le fait de t’être imposé aussi rapidement à seulement 20 ans ?

Grâce à mon insouciance notamment. J’ai une grande confiance en moi, je l’ai toujours eu.

On a l’impression que la pression, tu ne connais pas…

Oui, ça ne m’atteint pas trop. Je sais gérer mon stress, mes émotions. Je ne me prends pas la tête et surtout la foi m’a permis de me canaliser et de relativiser. Je me recentre beaucoup sur le plaisir et la chance que j’ai de faire ce métier.

Cet été le club t’avait-il assuré que tu serais le gardien titulaire cette saison ?

Oui. Le club voulait me faire confiance cette saison. Leur discours a été très clair à ce sujet-là. Ils voulaient aussi savoir si je pouvais relever le défi et assumer ce rôle de titulaire sur une saison entière. Même s’ils avaient une incertitude par rapport à mon âge et ma faible expérience et qu’ils m’ont présenté la chose comme quoi il fallait que je gagne ma place.

Pourtant, ils ont recruté Rémy Riou…

Oui, mais j’avais un peu d’avance et Rémy s’est blessé. Et ils ont voulu valoriser ma fin de saison dernière.

As-tu des nouvelles d’un de tes autres concurrents dans le club, Yohann Pelé ?

Pour l’instant, je ne sais pas s’il reprendra un jour le foot. Il vient au club tous les après-midis car c’est le moment où il peut avoir les kinés à sa disposition. Après je n’en sais pas plus.

« Pourquoi pas l’équipe de France A ' »

Cette saison tu es aussi devenu le gardien de l’équipe de France Espoirs. On imagine que c’est une fierté…

Comme tout gamin c’était un rêve et c’était un de mes objectifs cette saison. C’est une grosse satisfaction mais pourquoi ne pas penser un jour toucher la sélection A ? Ce serait manquer d’ambition que de dire que ça ne fait pas partie de mes futurs objectifs. Même si c’est trop tôt pour parler des A, je travaille pour ça. Et pourquoi pas dans les années à venir ?

Le fait d’ambitionner d’être le gardien de l’équipe de France A, cela signifie-t-il que tu as fait une croix sur la sélection comorienne ?

Même si rien n’est définitif, après en avoir discuté avec mon entourage, j’ai choisi la France.

Pour revenir à l’équipe de France Espoirs, quel joueur trouves-tu au-dessus du lot ?

Il y a énormément de joueurs talentueux. Ce groupe m’impressionne beaucoup. Il a énormément de qualités. Par exemple, Raphaël Varane dégage une maturité exceptionnelle. Il a une grosse maîtrise émotionnelle.

« Je ne comprends pas que Capoue ne soit pas dé jà en équipe de France »

Et à Toulouse, quel est le joueur toulousain qui t’impressionne le plus ?

Capoue. Il est complet, polyvalent, à l’aise techniquement et a une très bonne vision du jeu. C’est un des éléments majeurs de l’équipe qui a contribué à notre bon début de parcours. C’est dommage que Toulouse soit un club sous-médiatisé parce qu’il a largement le niveau pour être en équipe de France. Je ne comprends pas qu’il n’y soit pas déjà.

Dans quel club français rêverais-tu de jouer ?

L’OM, parce que je suis né là-bas et que depuis tout petit, j’ai vécu de manière euphorique tout ce qui se rattachait à ce club. Je suis toujours Marseille. Les gens sont passionnés et c’est cette ferveur, cet engouement qui me plaît.

Et au niveau européen ?

Le Barça ou le Real Madrid. Pour moi ce sont les deux plus grands clubs du monde. Et même si je suis Barça, Barça, Barça, si Madrid vient te chercher, tu ne peux pas refuser.

Quand tu vois, chaque été, tes coéquipiers bloqués par le président, ça ne te fais pas peur pour ton avenir ?

C’est le club formateur qui nous a lancé, qui nous a fait confiance. Ca fait partie du jeu. Pour l’instant, j’ai juste envie de leur rendre la monnaie de leur pièce.