La vie de 23 footballeurs a basculé un soir de juillet 1998, avec la première Coupe du monde remportée par l’équipe de France à l’issue d’une finale restée dans les mémoires face au Brésil (3-0). L’un des joueurs présents dans le groupe d’Aimé Jacquet reconnaît qu’il était difficile de ne pas attraper le « boulard » après ce moment.

Il y a eu un avant et un après 12 juillet 1998 pour les joueurs retenus par Aimé Jacquet pour la Coupe du monde à domicile, décrochant ce soir-là le Graal pour la première fois de l’histoire du football français après leur victoire contre le Brésil (3-0). Fabien Barthez, Bixente Lizarazu, Laurent Blanc ou encore Zinedine Zidane ont changé de statut suite à ce sacre, et il en est de même pour les autres joueurs, y compris ceux qui ont disposé d’un faible de temps de jeu. C’est notamment le cas de Patrick Vieira, débutant la compétition avec seulement sept sélections au compteur, et qui avait disputé au final deux matchs pour une seule titularisation.
« Quand tu as vingt, vingt-cinq ans, tu te la racontes un peu, et c'est normal »
Interrogé en 2018 par L’Équipe, Patrick Vieira reconnaît que les premiers champions du monde de l’histoire de l’équipe de France ont attrapé la grosse tête après leur victoire, et il l’assume. « Le boulard, tu es obligé de le prendre. Avec tout ce qui se passe... Tu ne fais plus la queue en boîte, tu ne peux plus payer au restaurant, les gens te traitent différemment, et c'est open bar partout, partout. Du coup, quand tu as vingt, vingt-cinq ans, tu te la racontes un peu, et c'est normal », confiait l’ancien milieu des Bleus, qui a su évoluer avec le temps : « Plus tard, avec l'âge, tu vois ça différemment, mais sur le coup, entre 1998 et 2000, c'était vraiment intense. »

« Trop de joueurs se sont un peu dispersés »
Pour Vieira, ce changement de dimension a d’ailleurs joué des tours à la sélection dans les années qui ont suivi. « Si l'équipe de France s'est un peu perdue après 2000, c'est peut-être pour ça, aussi, parce que trop de joueurs se sont un peu dispersés, on était moins centrés sur l'équipe, peut-être, et un peu plus sur nous-mêmes. On s'est un peu éparpillés, concède Patrick Vieira. On avait tous des contrats individuels pour la pub et d'autres choses, et on était même vus différemment dans nos clubs respectifs. Mais le boulard après la Coupe du monde, dans les mois qui ont suivi, oui, c'était presque normal. »