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PARTIE 2

Ben Arfa : les secrets de sa métamorphose

Auteur de buts sensationnels, enfin régulier, Hatem Ben Arfa revit à Newcastle et montre enfin tout le talent qu’on lui prédisait. Voici les raisons d’un épanouissement qui pourrait bien lui ouvrir les portes de l’Euro.

Chouchou de tout un club
Comme le rappelait José Anigo, Hatem Ben Arfa est un garçon qui « marche à l’affect ». Ce besoin d’amour, de sentir qu’on croit en lui, HBA l’a enfin trouvé à Newcastle. Adulé et tout de suite adopté par le public de St James’s Park pour son jeu spectaculaire, il est en osmose avec ses supporters. « Ils m'ont soutenu pendant ma longue blessure. Je donnerai tout pour eux », confiait-il récemment. Ben Arfa est aussi ravi de constater qu’ils ne sifflent jamais quand leur équipe perd ou lorsqu’un joueur rate un geste technique. Derek Llambias, le président du club, lui a également toujours apporté un soutien indéfectible. « Pendant sa convalescence, le président prenait l’hélicoptère pour aller le voir à l’hôpital ou à Clairefontaine », rapporte un membre de son entourage. Discret, loin de jouer les « stars », Ben Arfa est aussi adoré par ses coéquipiers. Conscients de la terrible épreuve qu’il a traversé avec sa double fracture, du talent et du potentiel qu’il a, ils le considèrent tous comme leur petit-frère. A l’instar d’Alan Pardew, ils savent aussi très bien que Ben Arfa peut leur faire gagner des titres et booster leur carrière personnelle.
Epanoui en Angleterre
Surmédiatisé en France, Ben Arfa est arrivé en parfait inconnu en Angleterre. Désormais complètement adapté au mode de vie anglais qu’il affectionne, le Français a retrouvé une sérénité qui lui permet d’être complètement libéré sur le terrain. « En Angleterre, il a beaucoup plus de tranquillité, confirme Anigo. En France, on vous met sous cloche. Vous êtes jugé, catalogué, guillotiné. » La distance des supporters, propre à la culture anglaise, est un changement radical par rapport à l’OM et lui sied à merveille. « Les supporters ne sont pas envahissants dans la rue avec lui. Ils sont très respectueux et s’excusent même parfois quand ils lui demandent une photo », révèle un de ses proches. « L’Angleterre lui va à merveille, corrobore Garrido. Le football anglais est plus inscouciant. Il y a moins de calcul et le public s’enflamme pour les belles actions. »
Régularité et maturité
La plus grosse performance d’Hatem Ben Arfa à Newcastle est peut-être le fait d’enfin enchaîner les matchs. Une grande première dans sa jeune carrière qui lui permet d’acquérir une régularité, condition sina qua non pour devenir un grand joueur. Il vient ainsi d’être titularisé lors des six derniers matchs de championnat. Le signe aussi d’une certaine maturité. « Il a pris du plomb dans la tête, acquis une maturité. Sa blessure l’y a certainement aidé, avance Robert Valette, un de ses anciens entraîneurs à l’OL. A 25 ans, ses démons ont fini par le laisser tranquille. Il s’est vraiment concentrer sur le foot. A Newcastle, il se conduit comme un pro. » « Sa blessure a retardé sa progression mais l’a certainement amené à réfléchir, renchérit Garrido. Du talent, il en a à revendre et aujourd’hui, il est capable de l’intégrer dans un collectif. Il a murit dans son jeu. Il devient plus professionnel et il est en train de prendre une dimension internationale. » Robert Valette atténue tout de même quelque peu l’euphorie ambiante autour de Ben Arfa : « Il manque encore de constance. Il ne doit plus simplement être capable de coups mais doit faire gagner son équipe à chaque fois comme Messi ou Ronaldo. » Ca tombe bien, ce sont ses modèles.
Un talent rare
« Je ne suis vraiment pas du tout surpris par ses performances avec Newcastle. Quand on connaît ce garçon, sa force de caractère, son talent, vous saviez qu’il allait rebondir », soutient José Anigo. Un avis partagé par l’ensemble de ceux qui l’ont cotoyé. « Sur le plan du football, c’est le must. A Lyon, en jeunes ou en pro, il nous faisait des choses d’un autre monde », se remémore Valette. « Il est capable de tout. C’est quelqu’un de surprenant dans le foot et dans la vie. Il a toujours eu cette insouciance. Il est complètement en marge des autres. Il vit sur la création, l’instinct », rapporte Garrido. Un point de vue là encore partagé par Anigo : « Il est différent de nous mais qu’est-ce qu’il est fort !, s’exclame-t-il. Ce petit, c’est du génie. C’est le joueur le plus doué que j’ai vu passé à l’OM et que je connaisse. C’est un phénomène. Le type de joueurs que les gens recherchent. Au foot, les gens viennent voir des artistes, du spectacle. Lui, il vous offre tout ça. »

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