Alors qu’il était blessé au pied et qu’il restait sur plusieurs mauvaises performances, un joueur de l’OM avait reçu un coup de pression de la part de son président au téléphone. Un appel qui avait en revanche permis de motiver le principal intéressé, qui avait terminé la saison en trombe.

Champion d’Europe en 1993, Alen Boksic formait un duo de choc avec Rudi Völler à la pointe de l’attaque de l’OM, qui venait de perdre Jean-Pierre Papin et Chris Waddle. Cette année-là, l’ancien international croate (40 sélections, 9 buts) avait en revanche terminé la saison blessé, mais le président de l’époque, Bernard Tapie, ne voulait pas en entendre parler.
« J'étais blessé, j'avais pris un coup sur le pied et j'avais même une petite fracture du métatarse »
« Tu pouvais rater un match, disons. Mais un seul. Une fois, il m'a appelé. C'était en avril (1993), j'avais été bon et marqué une quinzaine de buts en Championnat, trois ou quatre autres en Ligue des champions, j'étais plutôt content. C'était avril, donc, et j'attendais déjà juin pour aller à la plage en Croatie. J'étais blessé, j'avais pris un coup sur le pied et j'avais même une petite fracture du métatarse. J'ai joué un match très important chez nous contre les (Glasgow) Rangers (1-1), j'ai été mauvais. Le match d'avant, déjà, à Nantes, on avait gagné 2-0, j'ai mis deux buts mais je n'avais pas été bon, j'avais marqué seulement parce qu'on était vraiment plus forts que les autres. Je ne courais pas, j'avais vraiment mal au pied. Puis après Glasgow, on joue à Saint-Étienne (2-0) où j'ai encore été mauvais », confiait Alen Boksic dans un entretien accordé à L’Équipe en 2022.
« Non, ça ne va pas, ça fait trois matchs que tu es nul ! »
L’ancien attaquant de l’OM a alors reçu un coup de fil de Bernard Tapie : « Le soir même, le téléphone sonne à la maison. Je me lève, je décroche : "Bonsoir Alen, c'est ton président." Je réponds : "Oh, bonsoir président, comment ça va ? " Et là, mon Dieu, il se met à crier : "Je ne t'appelle pas pour que tu me demandes comment je vais, on s'en fout de comment je vais ! Mais toi comment tu vas ?" Je réponds que ça va. Il continue : "Non, ça ne va pas, ça fait trois matchs que tu es nul ! " Je lui dis : "Président, j'ai mal au pied." Le docteur ne le lui avait pas dit, évidemment. Il me dit : "T'as fait une radio ? Non ? Alors tu la fais cette semaine, tu t'entraînes comme tu veux ou tu ne t'entraînes pas, mais samedi, pour le match, je veux que tu sois bon !" »

« Sans ce coup de fil, je restais tranquille à 15 buts et je me cachais jusqu'aux vacances »
« Le lendemain, je fais une radio, il y avait bien une fracture, mais bon, elle était là depuis trois semaines », ajoutait Alen Boksic, pour qui l’appel de Bernard Tapie a été une source de motivation. « Alors ensuite, j'ai serré les dents, je me suis bougé, et à chaque match de Championnat, j'ai mis un but. J'ai marqué aussi à Bruges (1-0). Le seul match où je n'ai pas marqué, c'est la finale (de Ligue des champions, 1-0 contre l'AC Milan). Mais sans ce coup de fil, je restais tranquille à 15 buts et je me cachais jusqu'aux vacances. Je suis arrivé à 23 buts, parce qu'il m'avait donné la bonne motivation. C'est toute l'importance d'un club, d'un président. »