L'équipe de France de football a traversé des heures assez sombres lors de la période 2006-2012, après le départ à la retraite de Zinedine Zidane. Et alors qu'un scandale avait éclaté en pleine Coupe du Monde à cette époque, l'un des joueurs emblématiques de cette équipe avoue avoir pourtant tiré la sonnette d'alarme en interne...
Zinedine Zidane a mis un terme à sa carrière de joueur après la finale de la Coupe du Monde 2006 perdue par l'équipe de France contre l'Italie, et ironie du sort ou non, les Bleus ont par la suie eu beaucoup de mal à retrouver de leur superbe pendant de nombreuses années. Raymond Domenech a peu à peu perdu le contrôle de son groupe, et deux fiasco se sont donc enchaînés à l'Euro 2008 puis à la Coupe du Monde 2010, qui a même été l'objet du légendaire scandale de Knysna avec la grève des joueurs de l'équipe de France suite à l'expulsion de Nicolas Anelka (pour avoir insulté Domenech).
« J'avais prévenu Domenech... »
Interrogé dans les colonnes de L'EQUIPE en 2021, Lilian Thuram revient sur ce fiasco qu'il avait tenté de prévenir puisqu'il faisait partie de l'équipe de France en 2008 : « Déjà, moi, j'étais vieux. Donc moins performant. Je sentais venir la catastrophe (élimination au premier tour). Au début de la compétition, j'avais prévenu Domenech que, dans la mesure où je ne jouais plus en club, je ne pourrais pas enchaîner les matches. C'est ce qui s'est passé. Dans ce groupe régnait une grande immaturité. Certains joueurs n'avaient pas compris l'extrême exigence et tout ce qu'ils représentaient lorsqu'ils étaient en équipe de France. Ce qui s'est produit deux ans plus tard en Afrique du Sud ne m'a donc pas surpris », explique l'ancien défenseur emblématique des Bleus.

« Pour nous battre, c'était vraiment chaud »
La certitude, c'est que Lilian Thuram garde un bien meilleur souvenir de l'équipe de France championne du Monde en 1998 : « Le niveau de jeu était incroyable. À l'entraînement, on jouait à trois touches de balle. Le ballon ne sortait jamais. J'en ai des frissons rien que d'en parler. Comme nous étions nombreux à évoluer à l'étranger, on se retrouvait souvent le dimanche soir, la veille du rassemblement, sans se donner rendez-vous. Juste pour le plaisir d'être ensemble. Dans les vestiaires, on rigolait beaucoup. Mais dès qu'on arrivait sur le terrain, c'était concentration et détermination. Pour nous battre, c'était vraiment chaud », précise-t-il dans l'interview.