Emmanuel Petit : Le drame familial
Bernard Colas -
Journaliste
Passionné de sport, de cinéma et de télévision (à l’écran comme derrière) depuis son enfance, Bernard est journaliste pour le 10 Sport depuis 2018. Plus habile clavier en main que ballon au pied, il décide de couvrir principalement un sport adulé, critiqué et détesté à la fois (le football) et un sport qui n’en est pas un (le catch).

Vainqueur de la Coupe du monde en 1998 avec l’équipe de France, Emmanuel Petit a connu un drame durant son adolescence avec le décès de son frère, victime d’un anévrisme cérébral sur un terrain de foot. Il y a quelques mois, le consultant s’était livré.

Sacré champion du monde en 1998 avec l’équipe de France, et buteur lors de la finale mythique contre le Brésil (3-0), Emmanuel Petit a connu une carrière riche et dense, rencontrant notamment le succès à l’AS Monaco et à Arsenal. Une soif de victoire qui tient notamment son origine d’un drame familial avec le décès de son frère, appelé lui aussi à devenir footballeur professionnel.

« Mon frère Olivier est décédé en jouant au foot »

Il y a quelques mois, Emmanuel Petit s’était prononcé sur ce moment marquant de sa vie dans un entretien avec Yahoo Sports France. « Mon frère Olivier est décédé en jouant au foot devant sa future femme, devant mon autre frère David, a expliqué l’ancien joueur des Bleus en mai dernier. Je l'apprends de la plus terrible des manières puisque mes parents étaient descendus à Monaco. Je m'en rappelle toujours parce qu'on était chez un ami ce jour-là. On reçoit un coup de téléphone, mon ami décroche et dit : ‘Ouais, Jean-Paul (le père d’Emmanuel Petit) ? Oui il est là’. On est étonné. On se dit : ‘Mais attends, qui c’est qui nous appelle ?’. En fait, en l'espace de deux, trois minutes, je vois le visage de mon père qui se liquéfie et il commence à taper sa tête contre le mur en disant : ‘C’est pas vrai, c'est pas vrai, c'est pas vrai’. »

« J'avais l'impression d'être en mission »

Âgé de 17 ans, Emmanuel Petit apprend alors le décès de son frère, de deux ans son aîné. « J’ai refusé de regarder le cercueil. J’ai tourné le dos à mon frère. Je ne voulais pas avoir ça en mémoire », avait-il raconté, avant d’évoquer les répercussions importantes de ce drame sur sa carrière professionnelle : « Là-haut, les dieux du football ont décidé qu'ils ont pris ton frère sur un terrain, ils vont te mettre toi sur un terrain professionnel et tu auras une grande carrière. Je l'ai vécu comme ça en fait. J'avais l'impression d'être en mission. Je me suis dit : 'Je ferai tout pour que mon frère soit honoré et que ma famille retrouve le sourire, ajoutait Emmanuel Petit. Chaque match que j'ai fait, je refaisais toujours les mêmes gestes. Quand j'arrivais sur le terrain, je prenais toujours une petite touffe d'herbe comme ça, je la balançais, et j'avais toujours une pensée, des phrases pour mon frère. Je regardais toujours le ciel. Je savais qu'il me regardait, je savais qu'il me protégeait quand je jouais. C'était un pacte entre lui et moi en disant : ‘Je vais te protéger, mais il faut que tu donnes tout' ».

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