C’est au terme d’un scénario complètement fou que le Sénégal a remporté la deuxième Coupe d’Afrique des Nations de son histoire contre le Maroc (1-0), pays organisateur. Alors que les polémiques et incidents n’ont pas manqué durant la compétition, une figure des Lions de la Teranga appelle au calme.
Un grand suspense, une interruption polémique, une panenka ratée… La finale de la Coupe d’Afrique des Nations opposant le Sénégal et le Maroc (1-0) va rester dans les mémoires pour son scénario rocambolesque. Dans l’ensemble, les polémiques n’ont pas manqué durant la compétition, visant notamment les Lions de l’Atlas, accusés d’avoir été favorisés par l’arbitrage. Ancienne gloire du Sénégal, El-Hadji Diouf a appelé au calme dans une tribune publiée par Le Monde.
« Le Maroc aurait aussi pu gagner »
« Le football ne doit jamais nous faire oublier qui nous sommes ni d’où nous venons », commence l’ancien joueur de Bolton. Le Sénégal a remporté ce match, une victoire tout sauf usurpée. Mais il faut le dire haut et fort : le Maroc aurait aussi pu gagner. Les deux équipes sont aujourd’hui parmi les meilleures du continent africain, et chaque occasion, chaque action pouvait basculer d’un côté ou de l’autre. Cette finale a été l’expression d’un football africain de très haut niveau, un spectacle où le talent et le courage de chaque joueur ont été mis à l’épreuve. »
« Accuser le Maroc d’avoir acheté des arbitres relève d’une dérive dangereuse et profondément injuste »
« Ce qui m’a le plus marqué ne s’est pas joué uniquement sur la pelouse. Après le coup de sifflet final, j’ai vu monter, ici et là, des paroles excessives, des réactions qui allaient bien au-delà du football, s’inquiète El-Hadji Diouf. Sur les réseaux sociaux notamment, l’émotion a parfois laissé place à des discours qui opposaient inutilement deux peuples que tout, en réalité, rapproche. Et cela, en tant qu’ancien international africain, je ne peux pas l’accepter. »
Et d’ajouter : « Je le dis avec gravité et sens des responsabilités : accuser le Maroc d’avoir acheté des arbitres relève d’une dérive dangereuse et profondément injuste. Ces insinuations, sans preuve, portent atteinte à l’honneur d’un pays qui a démontré son sérieux et son professionnalisme, et elles fragilisent surtout l’intégrité du football africain. La frustration fait partie du jeu, mais le soupçon permanent ne peut pas en être la règle. Le football se gagne et se perd sur le terrain, pas dans la rumeur. (…) Je tiens aussi à le dire clairement : le Maroc a organisé une Coupe d’Afrique des nations remarquable. En tant qu’ancien joueur, je sais ce que représente une compétition bien organisée. Les infrastructures, l’accueil, la sécurité, la logistique : tout a été fait avec sérieux, professionnalisme et respect des équipes. Le royaume a montré que l’Afrique est capable d’organiser des événements de très haut niveau, à la hauteur des standards internationaux. Cela mérite d’être salué sans ambiguïté. »