Romeyer Je regrette mes choix
La rédaction

Avant de s'affronter ce soir, Lyon et Saint-Étienne ont chacun connu un passage à vide en début de saison. Leur président respectif reviennent sur ces moments délicats avant de lancer les hostilités avant le derby. Romeyer - Aulas : le match a déjà commencé.L'air de 2010 semble vous faire du bien. Qu'est-ce qui a changé ? Roland Romeyer : Nos médiocres résultats sportifs nous ont amené, Bernard Caïazzo et moi, à procéder à quelques changements. Nous avons repris le pouvoir que nous avions confié à Vincent Ton Cuong et Damien Comolli. J'ai repris le sportif. Bernard Caïazzo, lui, préside le conseil de surveillance. Je suis donc aux côtés des joueurs, quotidiennement. Et le groupe va beaucoup mieux.

Jean-Michel Aulas : Nous avons simplement stabilisé une situation que ne l'était pas. Elle ne l'était pas à cause des nombreuses blessures qui nous ont vraiment handicapé. Une fois ce problème résolu, le groupe s'est inscrit dans une dynamique positive et on le voit : ça nous réussit.

Vous avez des regrets ? Roland Romeyer : Oui. Quand il y a échec, il y a toujours regret. Je n'ai pas pour habitude de vivre avec le passé mais je dois avouer que je regrettes. Peut-être de ne pas être intervenu plus tôt. Toute ma vie, j'ai été à la tête d'entreprise. Je sais faire, je sais gérer. J'ai repris l'AS Saint-Étienne de la même façon. Il n'y pas de raison que je n'y arrive pas. Je regrette le passé mais je suis optimiste pour l'avenir.

Jean-Michel Aulas : Ça ne sert à rien de refaire l'histoire. On l'a vu, l'an passé, après le match de Barcelone. On s'est laissé bouffer par cette élimination parce que nous étions programmés pour cette champion's league. Aujourd'hui, Lyon n'est pas mort. Il ne faut rien regretter et poursuivre notre route, quoiqu'il arrive.

«Ce que Lyon a réalisé ces dernières personnes, je pense que personne ne réussira à l'égaler»

Votre club a beaucoup été critiqué. Vous en avez souffert ? Roland Romeyer : Ce n'est jamais agréable. Surtout quand certaines sont « fondées ». Mais on n'échappe jamais à la critique quand on est un club comme Saint-Étienne. Pareil pour Marseille, Paris. Nous sommes des entités avec un capital sympathie supérieur aux autres clubs. Même si nous n'avons pas brillé depuis quelques années, nous gardons ces générations de supporters. La preuve, c'est la signature d'un nouveau sponsor, Funai, alors que sportivement, le club n'est pas au mieux.

Jean-Michel Aulas : Bien sûr. Vous savez, quand la critique est constructive, c'est toujours intéressant. Mais quand elle est systématique, ça devient très embêtant. Je n'en veux à personne mais je déplore d'être la cible privilégié de certains qui écornent Lyon dès qu'ils en ont l'occasion.

Vous avez envie de faire autre chose. De quitter le monde du football ? Roland Romeyer : Jamais ! J'en ai eu des galères depuis toutes ces années, alors ce n'est pas au premier coup dur que je vais jeter l'éponge. En 96, le club était au bord du dépôt de bilan. C'était très compliqué mais j'ai mis la main à la poche et nous nous sommes battus. Il y a des nuages en ce moment ? He bien on fait avec et on se bat, quoiqu'il arrive !

Jean-Michel Aulas : Les soirs de défaites, c'est toujours un peu... (rires) Mais non. On reste lucide, dans les moments difficiles comme dans les périodes euphoriques. Je sais que ce qu'à réalisé l'Olympique Lyonnais ces dernières années, personne n'avait réussit à le faire et je pense que personne ne parviendra à l'égaler. Onze titres en quinze ans, c'est inouï. Mais ça m'a aussi permis de me blinder et de tenir le choc psychologiquement.

Vos joueurs ne sont-ils pas trop payés ? Roland Romeyer : Ce n'est pas propre à l'AS Saint-Étienne. Dans l'ensemble, les joueurs sont trop payés. Si ça ne tenait qu'à moi, je donnerais un même salaire de base à tout le monde, proche de ce que gagne les professions de catégories supérieures comme les médecins par exemple. Ensuite, il y aurait un système de prime. Au rendement. Qui récompense les joueurs selon leurs prestations...

… Pourquoi ne le faites-vous pas ? Romeyer : Imaginez que j'aille chercher Gourcuff. Et je lui dis : « Gourcuff, je te veux. Viens chez moi, je vais te donner 5 000 euros de salaire et pour le reste, tu auras des primes. Si tu marques, tu auras tant. Si tu gagnes, tu auras tant. » Il va me rire au nez... Il est sûr de gagner 400 000 euros par mois à Bordeaux, pourquoi viendrait-il s'emmerder à gagner sa vie de cette façon à Saint-Étienne ? On subit tous le système et personne n'y fera rien.

«Je n'ai jamais peur moi ! Peur de qui ? C'est inutile. Encore plus face à Lyon»

Bordeaux sera-t-il champion ? Jean-Michel Aulas : Bordeaux a de l'avance. Beaucoup d'avance, même. Statistiquement, ce sont eux qui ont le plus de chance de l'être, non ? Laissons-leur, aujourd'hui, cet avantage statistique. Nous verrons bien s'ils le gardent jusqu'à la fin de la saison...

Roland Romeyer : Je suis incapable de vous dire qui va l'emporter comme je ne peux pas vous dire qui va descendre. Ce championnat est passionnant et c'est bien pour cela que faire un pronostic, aujourd'hui, est très compliqué.

Lyon – Saint-Étienne arrive. Vous avez peur ? Romeyer : Je n'ai jamais peur moi ! Peur de quoi, de qui ? Je ne vais pas vous mentir, il y a toujours un petit stress, avant et pendant la rencontre. Mais avoir peur... Ce serait inutile. Encore plus face à Lyon Comme se mettre trop de pression, c'est contre productif.

Jean-Michel Aulas : C'est un match qui me fait toujours peur. Car en plus de l'opposition sportive, il y a beaucoup de choses autour. Saint-Étienne a su se ressaisir et se reconstruire autour d'un entraîneur que nous connaissons bien, Christophe Galtier. Il a été notre entraîneur adjoint et nous avons gardé de très bonnes relations. Ça rajoute de la particularité à ce match face à un adversaire qui n'aura pas joué dans la semaine. Et je sais que le résultat du match de Madrid sera un facteur psychologique décisif.