Un champion du monde 1998 rattrapé par les impôts, «elle est belle la France !»
Bernard Colas -
Journaliste
Passionné de sport, de cinéma et de télévision (à l’écran comme derrière) depuis son enfance, Bernard est journaliste pour le 10 Sport depuis 2018. Plus habile clavier en main que ballon au pied, il décide de couvrir principalement un sport adulé, critiqué et détesté à la fois (le football) et un sport qui n’en est pas un (le catch).

Dans l’euphorie de la victoire de l’équipe de France à la Coupe du monde 1998, Jacques Chirac avait fait une grande annonce aux protégés d’Aimé Jacquet en leur promettant une réduction fiscale sur leur prime de champion du monde. Problème, le Président de la République n’avait pas respecté son engagement…

Le 12 juillet 1998, l’équipe de France devenait championne du monde pour la première fois de son histoire après avoir battu le Brésil (3-0) en finale, grâce à un doublé de Zinedine Zidane et un but d’Emmanuel Petit. Une rencontre à laquelle avait notamment assisté Jacques Chirac, alors président de la République. « C'est vraiment le bonheur après un stress total », s’était-il enflammé après le coup de sifflet final. À l’instar de Laurent Blanc durant la compétition, Jacques Chirac s’était fait remarquer en embrassant le crâne de Fabien Barthez au moment de remettre le trophée aux champions du monde, mais aussi en célébrant ce sacre à leurs côtés dans les vestiaires.

« Il y a eu un abattement, mais ensuite, ils n’en ont pas tenu compte »

Mais ce n’est pas tout puisque Jacques Chirac et Lionel Jospin, son Premier Ministre, auraient récompensé les 22 protégés d’Aimé Jacquet à leur manière en leur accordant une exonération fiscale sur leur prime. « Oui, oui, ils avaient fait un beau geste », avait confirmé Stéphane Guivarc’h en 2018, dans un entretien accordé à Onze Mondial. Mais ce cadeau a eu des conséquences regrettables par la suite. « On a été redressés plus tard, donc on a payé plus cher en fait, avait ajouté l’ancien attaquant de l’AJ Auxerre. Il y a eu un abattement, mais ensuite, ils n’en ont pas tenu compte et m’ont dit : « Monsieur, il manque 39%, ainsi que des pénalités de retard… ». Tout est parti là-dedans. La classe. Elle est belle la France ! (Rires) »

« Tous ceux qui résidaient en France avant le Mondial ont été rattrapés et les autres n'en ont payé que 15% »

Quelques années auparavant, Stéphane Guivarc’h avait déjà eu l’occasion de raconter cette histoire, l’empêchant de profiter pleinement de la prime obtenue à l’époque. « Le président Jacques Chirac et Lionel Jospin, son Premier ministre, nous avaient dit à l'époque: «Vous avez fait quelque chose d'extraordinaire pour la France, vous ne serez taxés qu'à 15%!», au lieu d'une tranche à 54%, ce qui est énorme. Evidemment jamais de papier officiel, pas une trace écrite ni une notification, se souvenait-il. Trois ans plus tard: boum, redressé! «Monsieur, il manque les 39% plus les pénalités et les intérêts de retard!». Donc quand on fait le bilan de la Coupe du monde, il ne reste quasiment rien sur les 4 millions de francs de prime. C'est énorme. Tous ceux qui résidaient en France avant le Mondial ont été rattrapés et les autres n'en ont payé que 15%. Ça fait bien rigoler aujourd’hui. »

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