NOURRIS ENSEMBLE AU MÊME SEIN, celui de l'Olympique de Marseille (entre 1985 et 1987), Christophe Galtier et José Anigo ont visiblement beaucoup de choses en commun.

Chacun de leurs côtés, le nouvel entraîneur de l’A.S. Saint-Étienne et le directeur sportif de l’OM emploient des méthodes similaires, assez éloignées des valeurs habituellement inculquées dans la maison phocéenne. Assez, en tout cas, pour faire de ces deux anciens minots les plus grands faux frères du championnat de France. Commençons par M. Galtier, ce « scieur de planches ». Il y a plus d’une dizaine d’années, alors qu’il gérait péniblement sa fin de carrière, « Galette » fit la rencontre d’un certain Alain Perrin lors d’un séjour au Club Méditerranée. De conversations en confessions, les deux hommes se lièrent d’amitié. Christophe Galtier fit comprendre à Alain Perrin qu’il souhaitait rester dans le football après sa carrière de joueur et qu’il aimerait que son nouvel ami lui mette le pied à l’étrier. Depuis ce jour, Alain Perrin le prit sous son aile, en lui offrant écoute, conseil et même un poste d’adjoint lors de son arrivée aux commandes du FC Sochaux en mai 2006. Puis à Lyon (2007-2008). Puis à Saint-Etienne (novembre 2008-décembre 2009). Acculé par les mauvais résultats, Alain Perrin doit quitter le navire. Stupeur : Christophe Galtier prend sa place. Sans vergogne, il s’est même permis de critiquer certaines méthodes de son mentor. Et même si la vox populi nous souffle que Perrin était d’accord avec ce choix, on aurait préféré voir Galtier sur un autre banc que celui de son ami. MÊME CHANSON POUR M. ANIGO, dans un registre quasi-similaire. Voire un peu plus honteux. Lisez plutôt. Lorsque Pape Diouf était à la tête de l’OM, José, fidèle parmi les fidèles, n’avait pas hésité à témoigner son affection pour son président. Et à clamer haut et fort : « Si Pape doit partir pour X raisons, une chose est sûre : je me mettrai dans ses valises. » Six mois plus tard, les valises de Pape Diouf sont pleines d’amertume. Mais on ne trouve pas trace de José Anigo dans les mallettes… L’homme est toujours en poste à l’Olympique de Marseille. Et il s’est même offert un petit supplément en doublant son salaire ! La peur de retrouver son poste de brancardier à l’Hôpital Nord de Marseille, peut-être… Qu’il est loin le temps où M. Galtier et M. Anigo mouillaient le maillot, ensemble, pour faire remonter l’OM en première division. Qu’il doit être dur, pour eux, de se regarder dans un miroir ou d’enfiler ces vestes qu’ils n’ont pas hésiter à retourner pour de l’argent. Ah, l’argent… Il nous fait faire, parfois, des choses que la déontologie ou la morale répriment pourtant plus que tout. Ces deux cas sont de parfaits révélateurs de personnalité. A mille lieues de celles qu’ils veulent bien nous montrer. Une image de gentils, façonnée par des sourires crispés. Ne soyez pas dupes. Ces minots sont bel et bien de faux frères. Il a fallu un peu d’argent et de pouvoir pour mettre l’évidence en lumière...