L'attaquant brésilien, replacé à gauche face au Benfica Lisbonne, a mis sous l'éteignoir Mamadou Niang, présent dans l'axe et Fabrice Abriel à droite. Du coup, c'est toute l'attaque de l'OM qui s'en voit déséquilibrée.

Niang, c'est 2 tirs face au Benfica La bonne prestation délivrée par l'OM à Lisbonne face au Benfica a servi d’écran de fumée. Didier Deschamps avait décidé de replacer Brandao à gauche en lieu et place de Mamadou Niang, qui a donc été repositionné dans l’axe. L’hypothèse avait déjà été soulevée en février quand le Brésilien était sur le flanc. Alors, la méthode a-t-elle fonctionné ? Oui, si on se fie au score et à la partie globale des Olympiens. Bien en place, solides en défense, compacts au milieu et explosifs en attaque. Non, si on se fie aux chiffres de l’animation offensive des Marseillais. «Brandao n'est pas à sa place à gauche ! Désolé DD, mais expérience à ne pas renouveler ! Pour moi, ce match a confirmé que Niang et Brandao ne peuvent jouer ensemble», assure sur son blog René Malleville, le plus célèbre des supporters de l’OM. Son avis, biaisé par son amour du club, n’est pas si impertinent que cela puisque les statistiques ne le contredisent pas. Face au Benfica, Niang a été mis sous l’éteignoir alors qu’il aurait dû être logiquement plus sollicité dans l’axe. Le Sénégalais, jeudi soir, c’est : 2 tirs, 1’49 de possession du ballon et seulement 28 ballons reçus. Eteint, Niang, malgré une jolie occasion d’ouvrir le score, est même sorti en cours de match (probablement victime d'une petite gastro).
«Solution bonne, voire très bonne» Sur son côté, Brandao a été très utile dans la conservation du cuir, la volonté de déséquilibrer une défense lisboète lourde et le repli défensif mais a finalement été assez peu dangereux devant les buts (1 tir, 8 ballons joués latéralement et 3 vers l'avant). La présence du Brésilien (1’58 de possession du ballon) a même déséquilibré le travail sur les ailes, puisque l’animation offensive a trop penché à gauche : 205 ballons joués contre 165 à droite ! C’est trop, beaucoup trop même si l’essentiel du travail de Fabrice Abriel a consisté à museler le milieu de terrain portugais. Que pense donc Deschamps de cette mise en place tactique ? «Plutôt bonne voire très bonne. C'était un choix, assure l’entraîneur de l’OM, qui n’avait pas encore vu ces chiffres mais qui a semble-t-il anticipé. Je ne dirais pas que ce sera la solution à chaque fois mais c'était intéressant d'avoir Mamadou dans l’axe et de pouvoir exploiter sa vitesse».
Contre Bordeaux, l’attaque était plus équilibrée Le problème, c’est que la vitesse de Niang n’a pas vraiment été exploitée puisque la seule occasion en profondeur que l’OM s’est procurée est à mettre à l’actif de… Brandao sur un caviar de Lucho ! Deschamps n’en démordra pas, il va garder ce schéma tactique dans un coin de sa tête et pourquoi pas le ressortir dès dimanche à Toulouse ? En Ligue 1, peut-être que la donne changera. On se rappelle que lors du match nul décroché à Bordeaux (1-1), Brandao était aligné dans l’axe et Niang excentré. Les chiffres sont édifiants. 170 ballons furent joués à gauche et 175 à droite, ce qui signifie que le danger peut venir de partout. Tant qu’une équipe ne perd pas, le déséquilibre offensif n’est pas un problème en soi. Sauf que l’on remarquera que le but de Ben Arfa face au Benfica n’est pas venu de la gauche mais bien de la droite. A méditer.
: