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Foot - PSG

PSG : Les choix forts d’Unai Emery

Depuis le début de saison, Unai Emery est sous le feu des critiques malgré d’excellents résultats. Et pourtant, l’entraîneur du PSG réalise de très bonnes choses cette saison. Tour d’horizon des choix forts du technicien basque.

En fin de compte, tout est très simple au Paris Saint-Germain. Au moindre problème, on met la faute sur Unai Emery. Depuis sa prise de fonction il y a presque un an et demi, le technicien espagnol n’est pas épargné par les critiques. Et si la saison dernière, le PSG alternant le bon et le moins bon, voire le médiocre, ces critiques pouvaient s’entendre, aujourd’hui, elles frisent souvent le ridicule. La moindre petite défaillance parisienne lui est imputée alors qu’il est écarté des débats lorsque tout fonctionne bien. Un match nul au Vélodrome est devenu une catastrophe nationale, trois mots échangés sur un penalty un drame qui dépasse nos frontières, sans parler de la très légère baisse de régime de Kylian Mbappe. Et à chaque fois, le point commun est Unai Emery. Bientôt il sera tenu responsable de la moindre passe ratée. Mais il serait également temps de dire que le PSG progresse dans le jeu et que la fameuse « patte » tant attendue par les experts commence à sérieusement se voir. S’il n’est évidemment pas question de le dédouaner de toute responsabilité, il est tout de même important de souligner les choix payants qu’il a effectués. Et ils sont nombreux.

Une gestion d’effectif réussie 

Le premier aspect de la gestion d’Unai Emery qui est critiqué est son turn-over. Affirmer que l’entraîneur parisien est conservateur est une hérésie pour un technicien qui ne jure que par la concurrence. Défensivement, il effectue une rotation afin de concerner Presnel Kimpembe mais également les latéraux. Layvin Kurzawa et Daniel Alves sont certes titulaires, mais Yuri Berchiche et Thomas Meunier jouent. Au milieu, l’installation de Julian Draxler au poste de relayeur est une magnifique trouvaille tandis qu’il a convaincu, jusque-là, Adrien Rabiot d’évoluer en sentinelle. Mais le vrai problème serait devant. Alors oui Unai Emery à la drôle d’idée de s’appuyer sur Neymar, Kylian Mbappe et Edinson Cavani. Un trio qui pèse 34 buts, et qui est considéré comme le meilleur en Europe. Aux grandes époques de la MSN et de la BBC à Barcelone et au Real Madrid, les trois devants jouaient tout le temps. Parlez-en à Pedro, Alvaro Morata ou encore James Rodriguez. Emery à la chance de pouvoir s’appuyer sur un trio exceptionnel, il n’a aucune raison de s’en priver. C’est aujourd’hui le point fort de son équipe. Le Basque a déjà trouvé un onze type, ce qui n’est pas négligeable à cette époque de l’année. Et surtout, s’il effectuait un turn-over trop important, on lui reprocherait de ne pas avoir encore d’équipe type et de tâtonner... 

Un style de jeu lisible

Autre objet des critiques visant Unai Emery, son style de jeu et l’absence de la fameuse « patte » qui tient tant à cœur des experts. Malgré les résultats excellents depuis le début de saison, le projet de jeu d’Emery interroge. Mais là encore, il faut peut-être se montrer patient. Avec Mbappe et Neymar, le PSG joue forcément différemment et cela demande un temps d’adaptation pour voir se dessiner une logique de jeu qui commence d’ailleurs à très clairement se mettre en place. À l’image de ce qui avait été fait la saison dernière contre Barcelone (4-0), au Vélodrome (5-1) ou contre Monaco en finale de la Coupe de la Ligue (4-1), Emery préconise un pressing haut qui engendre une récupération haute et qui permet une projection vers l’avant très rapide. Et enfin, une participation active des latéraux au jeu, ce qui est le cas avec Daniel Alves. Un projet de jeu qui nécessite une parfaite condition physique et c’est là que le PSG semble monter en puissance à l’image d’un Marco Verratti de plus en plus actif. Mais au-delà de ça, ce débat concerne peu d’entraîneurs. Aujourd’hui, quels sont les techniciens en place dans des grands clubs européens dont la patte est identifiable ? Ils se comptent à peine sur les doigts d’une main. Pep Guardiola, Antonio Conte et Maurizio Sarri font partie de ceux-là, mais jamais cette question ne s’est posée pour Zinedine Zidane ou encore Luis Enrique lorsqu’il était sur le banc du FC Barcelone. Preuve que ce n’est pas forcément un problème pour gagner.

Des résultats incroyables 

Pour tous les apôtres des statistiques qui ne jurent que par les résultats, Unai Emery est encore moins critiquable. En effet, le début de saison du PSG en termes de résultats est impressionnant. Invaincu en 17 rencontres toutes compétitions confondues, le club de la capitale s’est imposé à 15 reprises pour deux matches nuls avec un total de 58 buts inscrits et seulement neuf encaissés. Des chiffres impressionnants, puisque personne ne fait mieux en Europe, mais qui ne sont visiblement pas suffisants pour convaincre. Et pourtant, en Ligue 1, les Parisiens sont en avance sur le très vieux record du Racing Club de Paris (118 buts en... 1960) tandis qu’avec 17 buts marqués lors de leurs quatre premières rencontres de Ligue des Champions, ils ont établi un record. Alors d’accord Anderlecht et le Celtic Glasgow ne sont pas des foudres de guerre et le Bayern Munich n’est certainement pas dans la meilleure période de son histoire. Mais par définition un record est quelque chose d’exceptionnel puisque cela sort de l’ordinaire. Mais surtout, dans l’histoire de la compétition, d’autres grands clubs européens ont eu des groupes à leur portée sans réaliser de telles performances. Et on a vu qu’aujourd’hui il est devenu difficile d’affronter certaines équipes jugées inférieures sur la scène européenne. Demandez au Barça tenu en échec sur la pelouse de l’Olympiakos ou encore à l’Atletico Madrid, incapable de battre Qarabag. Le Bayern a également peiné à s’imposer au Celtic Park, là où le PSG a déroulé (5-0). Bien sûr, compte tenu de l’investissement consenti cet été, il est normal que le club de la capitale règne sur la Ligue 1 et domine son groupe de Ligue des Champions. Mais il y a la manière de le faire, qui est pour l’instant très bonne. Et il faut le souligner. Répondre présent lorsque l’on est attendu est également une preuve de force. Et si c’est évidemment au printemps qu’on jugera réellement le PSG et Unai Emery, cela ne fait pas de mal de débuter une saison de cette façon.

@Arthur_Montagne

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