Le jour où l'OM a choisi son entraîneur... suite à un pari !
Thomas Bourseau
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Rédacteur
Féru de sport, Thomas a grandi entre le ballon rond du football et le orange du basket, ses deux coups de cœur depuis toujours. Diplômé d’un Master et d’une Licence à l’Institut Européen du Journalisme de Paris, il suit toujours de très près les aventures d’Arsenal et des Los Angeles Lakers.

L'Olympique de Marseille connaît une flopée d'entraîneurs ces dernières années. Habib Beye est aux commandes après la décision commune prise par Roberto De Zerbi et les dirigeants de se séparer en février dernier. La question du coach revient souvent dans la cité phocéenne. Il y a plus de 20 ans de cela, c'est à la suite d'un pari que le choix de la ddirection s'était arrêtée sur un profil en particulier.

Natif d'Avignon, Eric Di Meco est un enfant du pays qui a fièrement porté les couleurs de l'Olympique de Marseille entre 1980 et 1994 avec deux prêts à l'AS Nancy-Lorraine et le FC Martigues dans les années 80. Champion d'Europe avec l'OM en 1993, un an avant son départ pour la Principauté et l'AS Monaco, Di Meco prenait la décision de faire son retour au club phocéen six années après l'avoir quitté... dans la peau d'un manager à compter de février 2000.

«Comme dans une cour de récré, chacun choisit ses joueurs. Ils mettaient entre 300 et 400 dollars par match»

Dès lors, à l'été et dans le cadre du remplacement de Bernard Casoni, Eric Di Meco finissait par nommer Abel Braga qui officiait alors sur le banc de touche de Vasco de Gama. Franck Logbi Henouda s'est confié sur le processus de recrutement de Braga à France Football près de 26 années après les faits.

« Devenu manager de l'OM, Éric Di Meco me contacte. On part au Brésil ensemble pour superviser des joueurs. Avant son départ, je lui propose d'aller voir un dernier match à Rio pour échanger sur les joueurs qu'il a vus avec Abel Braga. Il parlait un peu français et connaissait bien le marché brésilien en tant que coach. On dîne avec Abel, on passe un super moment. Le lendemain, il y avait un entraînement du Vasco da Gama, l'équipe coachée par Abel. Il nous propose de venir regarder une opposition à huis clos. Dans son équipe, il y avait Romario, Edmundo, Juninho... Vraiment du très lourd. On y va, on voit Abel poser les chasubles sur la pelouse, dix rouges d'un côté, dix jaunes de l'autre. Romario et Edmundo prennent les chasubles et font leur équipe. Et quand ils font les oppositions, ils font des paris. Comme dans une cour de récré, chacun choisit ses joueurs. Ils mettaient entre 300 et 400 dollars par match ».

«J'adore cet entraîneur, il est fait pour l'OM»

Ces paris coûteux pendant les entraînements de Romario et Edmundo étaient autorisés par Abel Braga qui appréciait le fait qu'une intensité sans pareille était alors instaurée naturellement au cours des séances. Ce qui a conquis Eric Di Meco qui lui offrait dans la foulée le poste d'entraîneur de l'Olympique de Marseille. « Dans la foulée, Abel nous a expliqué que Romario et Edmundo ne se parlaient pas. Il nous a dit que cette ambiance était parfaite pour avoir de l'intensité pendant les entraînements. Les joueurs qui ne se donnaient pas à fond se faisaient mettre minable par Romario ou Edmundo. Di Meco m'a dit : "J'adore cet entraîneur, il est fait pour l'OM". Et Marseille l'a recruté en juin 2000 ».

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