Accès direct au contenu

À deux doigts du miracle

Comment Arsenal avait construit son exploit

Pour faire un exploit en 8e de finale retour de la C1, les Gunners avaient décidé de zapper Lourdes mais sont venus mourir au pied du miracle. C’est un Milan AC bousculé qui jouera les quarts.

Ce n’est pas encore cette année qu’Arsène Wenger aura le plaisir d’épaissir son palmarès. Arsenal, écrasé à l’aller par le Milan AC (0-4), a ridiculisé les Italiens en première période avant de voir s’évanouir le miracle espéré (3-0). Dommage mais ce pseudo-exploit mérite d’être analysé.

En lisant la presse
« Il est presque impossible pour eux de renverser le résultat. Nous avons été supérieurs à San Siro, 4-0 ça laisse peu d’espoir pour le retour. Robin van Persie ne pourra pas rien faire contre nous. Je ne pense pas qu’il ne pourra jouer aussi bien contre nous comme il l’a fait dans les derniers matchs de championnat ». Tout Robinho qu’il est, par ailleurs excellent cette saison, il n’avait pas le droit de dire ça. S’il voulait offrir une motivation supplémentaire aux Gunners, il a fait mouche.

En épluchant les statistiques
En ayant l’occasion d’entrer dans l’histoire par la grande porte, après avoir essuyé les critiques tous azimuts, les Gunners se sont donné une autre source de motivation. Imaginez. Jamais aucune équipe n’avait réussi l’exploit de remonter un handicap de 0-4 encaissé à l’aller en 151 matchs de Coupe d’Europe. Seul le Real Madrid était parvenu à se refaire d’un 1-5 face au Borussia Mönchengladbach. C’était en 1985. RVP avait deux ans et savait à peine marcher. En 2004, déjà le Milan AC avait toutefois sombré à La Corogne (0-4) après avoir séduit à San Siro (4-1). Il s’évitera cette fois une soufflante de Silvio Berlusconi.

En emmurant Ibrahimovic
Alertée par le danger Ibrahimovic, la paire Koscielny-Vermaelen, bien aidée par la présence de Song, avait un plan pour le prendre à 2. Bien aidé par le public de l’Emirates Stadium, qui l’a sifflé à chacune de ses prises de balle, ils sont (presque) parvenus à leur fin. Connu pour ses absences en match à élimination directe (seulement 4 buts lors de 25 rencontres de ce type en C1), le géant suédois a été transparent pendant un long moment. Manque de profondeur, d’inspiration dans les transmissions, notamment pour Robinho, trop loin de la zone de vérité et inattentif dans l’alignement, il a déçu. Sur la première période, El-Shaarawy, censé alimenter « Ibra », n’a réussi à que 6 passses ! C’est dire. Heureusement pour lui, comme tous les grands joueurs, il s’est remis d’aplomb en seconde période.

En jouant en équipe
Le cas Oxlade-Chamberlain est criant. L’ailier supersonique de 19 ans a été replacé à un poste de milieu défensif à cause des absences des spécialistes du milieu bas (Arteta, Wilshere, Diaby). Il a été très bon et a même, sur une accélération dont il a le secret, provoqué un penalty juste avant le repos. De plus, le carton jaune précoce administré à Van Bommel l’a empêché de mettre le pied, sa spécialité. Quand on a affaire à un boucher sans son hachoir au milieu, ça devient nettement simple. Mais le boucher batave, bien épaulé par Aquilani, s’est également repris pour casser les temps forts adverses et étouffer l’incendie après la pause. Mieux vaut tard que jamais.