Antoine Dupont critiqué : Ça ne passe pas pour Thierry Dusautoir qui s’agace et assure sa défense !
Bernard Colas -
Journaliste
Passionné de sport, de cinéma et de télévision (à l’écran comme derrière) depuis son enfance, Bernard est journaliste pour le 10 Sport depuis 2018. Plus habile clavier en main que ballon au pied, il décide de couvrir principalement un sport adulé, critiqué et détesté à la fois (le football) et un sport qui n’en est pas un (le catch).

Antoine Dupont n’a pas encore retrouvé son meilleur niveau quelques mois après son retour de blessure. Alors que certaines critiques se font entendre sur le demi de mêlée du Stade Toulousain et du XV de France, Thierry Dusautoir est venu lui apporter son soutien.

Victime d'une rupture du ligament croisé antérieur en mars 2025, Antoine Dupont a fait son retour à la fin de l’année. L’international tricolore a retrouvé ses coéquipiers du Stade Toulousain mais également du XV de France avec lesquels il a remporté le Tournoi des Six Nations. Mais cette blessure n’a pas été sans conséquence pour le demi de mêlée, qui n’a pas encore retrouvé son meilleur niveau. « C'est toujours pareil. C'est le syndrome (Frédéric) Michalak, expliquait récemment Clément Poitrenaud, l'entraîneur des trois quarts du Stade Toulousain. Comme je dis souvent, il a montré tellement de choses incroyables que dès que tu es un peu moins bon, on te dit médiocre. Mais il est resté quand même un des meilleurs 10 du monde. Antoine, c'est un peu pareil ». Thierry Dusautoir se veut lui aussi rassurant et pousse un coup de gueule sur les critiques visant Antoine Dupont.

Dusautoir souligne « un manque d’indulgence »

« Depuis quelque temps, on sent revenir une forme de doute autour d’Antoine Dupont. Les analyses et les avis se multiplient, et avec eux cette petite musique: il ne serait plus tout à fait le meilleur joueur… Et là, sans transition, le passage d’une forme d’admiration absolue à une exigence presque implacable s’opère. Comme si, à force d’avoir été exceptionnel, il n’avait plus vraiment le droit d’être autre chose que cela. Le héros a joué son rôle de « héros » pendant six ou sept ans au sommet, une éternité dans un sport de haut niveau aussi intense que le rugby. Il est assez logique que les trajectoires évoluent, surtout après des blessures. Aujourd’hui, c’est un joueur simplement moins performant depuis son retour, qui se retrouve confronté à un manque d’indulgence, lié à l’attente énorme que suscite le héros », a confié l’ancien joueur des Bleus sur LinkedIn.

« Mentalement, ce n’est pas simple à gérer »

« Il y a là, au fond, quelque chose d’un peu paradoxal dans notre manière d’observer ces trajectoires : on célèbre l’exception, mais on supporte mal qu’elle ne soit pas constante. Tous les sportifs de haut niveau se sont posés la question : comment gérer la fragilité de ce statut de champion, et composer avec la notoriété et l’importance qu’on choisit de lui donner. Mentalement, ce n’est pas simple à gérer. Après le titre de meilleur joueur du monde, j’ai ressenti une attente incroyable. Comme une forme d’obligation d’être à la hauteur, en permanence. Et forcément, je pense que je me mettais une pression immense pour ne pas décevoir. J’ai le sentiment qu’aujourd’hui on demande à ce joueur d’être exceptionnel, au lieu de valoriser la chance que l’on a d’avoir un athlète à part, et qui continue, même différemment, à peser sur le jeu. Peut-être que, plutôt que de guetter ce qu’il ne serait plus, on gagnerait simplement à se rappeler tout ce qu’il est déjà », conclut Thierry Dusautoir.

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