Interrogé par L’Équipe avant la demi-finale de Coupe d’Europe entre le Rugby Club Toulonnais et Leinster, l’international anglais Kyle Sinckler (33 ans) est notamment revenu sur un moment chaud survenu il y a quelques mois avec Aaron Grandidier, l’ailier de la Section paloise.

Le Rugby Club Toulonnais se prépare à une grosse bataille contre Leinster ce samedi (16h) avec en jeu une place pour la finale de la Coupe d’Europe. Avant ce gros rendez-vous, Kyle Sinckler s’est longuement confié dans les colonnes de L’Équipe, l’occasion pour lui de revenir sur un incident survenu le 1er février dernier avec l'ailier Aaron Grandidier lors du match contre Pau.
« Il simulait, ça m'a dégoûté »
« Je lui ai dit : "Pas de football, mec !" Il simulait, ça m'a dégoûté, a confié le joueur du RCT. Au sol, il prétendait avoir été touché à la tête. J'ai vu que le plaquage de "Seta " (Tuicuvu) était parfaitement légal, vu que j'étais tout proche. "Arrête ton cinéma, mec ! "Je lui ai dit de se relever, et il l'a fait. Le rugby doit faire attention à ces comportements-là. Les enfants regardent. On fait un sport dangereux, mais personne ne rentre sur un terrain pour blesser quelqu'un. La simulation peut faire exclure un joueur. C'est injuste. »
« Un moment sombre »
Kyle Sinckler est également revenu sur l’expérience la plus douloureuse connue durant sa carrière, de quoi justement l’inciter à rejoindre le Top 14 en 2024 : « La défaite face à l'Afrique du Sud en demi-finales de Coupe du monde (15-16, le 21 octobre 2023). Un moment sombre. Et un tournant décisif de ma carrière qui m'a décidé à venir en France. J'ai compris que je n'allais pas progresser en Premiership. Le niveau auquel je dois me confronter chaque semaine, c'est le Top 14. À Toulon, au début, c'était très dur. Dans le Top 14, beaucoup de piliers droits pivotent pour attaquer le talonneur. On m'a appris à percuter et rester droit. Mais ça peut s'avérer négatif pour le reste du pack. Les piliers gauches adverses attaquent ton pectoral droit ou passent à l'extérieur. Bref, à Toulon, j'ai dû tout réapprendre. Et mettre mon ego de côté. En arrivant, je me disais : "Ces gars sont fous ". Je poussais avec Micka Ivaldi (talonneur), et il me répétait : "La tête, la tête, la tête ". Je ne faisais pas ce qu'il attendait de moi. »