Mourad Boudjellal : Sa grande histoire à Toulon a débuté… sur un parking !
Bernard Colas -
Journaliste
Passionné de sport, de cinéma et de télévision (à l’écran comme derrière) depuis son enfance, Bernard est journaliste pour le 10 Sport depuis 2018. Plus habile clavier en main que ballon au pied, il décide de couvrir principalement un sport adulé, critiqué et détesté à la fois (le football) et un sport qui n’en est pas un (le catch).

Président du Rugby Club Toulonnais entre 2006 et 2020, Mourad Boudjellal est revenu sur son arrivée dans le monde du rugby dans un entretien accordé à Midi Olympique. Et comme le révèle le Varois, tout a débuté dans un parking il y a vingt ans.

Il y a vingt ans, Mourad Boudjellal prenait la tête du Rugby Club Toulonnais. Une grande première pour l’homme d’affaires qui a fini par prendre ses marques du côté de Mayol avec le succès qu’on lui connaît : trois sacres en Coupe d’Europe (2013, 2014, 2015) et une victoire en Top 14 (2014). Parti en 2020, Mourad Boujellal est revenu auprès de Midi Olympique sur son arrivée au RCT.

« C’est une histoire de parking »

« En mai 2006, je deviens coprésident au départ. C’est une histoire de parking. J’avais un parking commun avec Éric Champ, que je croisais souvent dans l’ascenseur, parce qu’on arrivait à peu près à la même heure. En tant que voisins, on se disait bonjour. Un jour, il m’a dit qu’il voulait me parler. Je me doutais pourquoi. Je portais des costumes haut de gamme, je roulais en Ferrari, j’avais réussi ma vie avec les éditions Soleil et je voulais que cela se voie à Toulon. Champ m’a expliqué qu’il cherchait quelqu’un pour reprendre le RCT. Au début, il n’en était pas question, j’avais trop d’occupations à côté. À l’époque, je dînais souvent chez le restaurateur Stéphane Lelièvre. J’ai réuni quelques amis, un peu pour me convaincre de dire oui, parce que moi, j’allais dire non. En réalité, je cherchais à être convaincu. J’ai trouvé comme excuse de dire que je ne serais pas président mais coprésident. C’était un entre-deux. Stéphane avait envie mais je ne suis pas quelqu’un fait pour travailler en duo. J’ai pris les choses en main, je ne lui ai pas laissé beaucoup d’espace. Et puis, je savais que médiatiquement, avec ma façon de parler, mes origines, il n’aurait pas beaucoup d’espace, et je n’ai rien fait pour lui en donner », explique Boudjellal.

« J’ai récupéré un club que personne ne voulait »

« Je me suis retrouvé dans une assemblée d’une association qui souhaitait passer en SASP. Éric Champ a forcé le vote pour que je reprenne le club avec Stéphane Lelièvre. Je le laissais beaucoup parler, parce qu’il est blond aux yeux bleus et moi… Non. Ceux qui ont voté ont dû être très surpris par la suite. J’ai récupéré un club que personne ne voulait, qui prenait 60 points tous les week-ends, sans modèle économique, sans marketing, sans merchandising, sans bureaux. Je n’avais pas mesuré tout ça, reconnaît Mourad Boudjellal. Et avec un nouveau président qui ne connaissait rien à l’économie du sport. Très vite je me suis dit : "Pourquoi je me suis embarqué là-dedans ? Tu as fait une grosse connerie, tu fais une petite année et tu tiens" ». L’aventure va finalement durer bien plus longtemps…

Articles liés