Affaire Antoine Dupont : «Chasse à l'homme» dans la presse, l'accusation de trop...
Thomas Bourseau
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Rédacteur
Féru de sport, Thomas a grandi entre le ballon rond du football et le orange du basket, ses deux coups de cœur depuis toujours. Diplômé d’un Master et d’une Licence à l’Institut Européen du Journalisme de Paris, il suit toujours de très près les aventures d’Arsenal et des Los Angeles Lakers.

Figure forte du rugby français, étant capitaine du XV de France entre autres, Antoine Dupont est au coeur d'une polémique à la suite d'une divulgation d'une longue enquête menée par L'Equipe. En investigant, le quotidien sportif a révélé des anomalies dans les contrats du demi de mêlée et celui d'Anthony Jelonch au niveau de revenus provenant d'une société sans contrepartie claire. Au vu de l'ampleur des réactions à cette enquête, le journal a réagi.

En plein rassemblement avec le XV de France dont il est le capitaine dans le cadre du Tournoi des 6 nations, Antoine Dupont voit son nom être lié à une enquête d'investigation de plusieurs mois mênée par le journal L'Equipe. Les journalistes du quotidien sportif se sont penchés sur divers mouvements financiers suspects du Stade toulousain en s'attardant notamment sur deux contrats concernant Antoine Dupont et Anthony Jelonch. Le premier cité aurait empoché 200 000€ par saison depuis 2017 de la part de la société 3S-Alyzia contre 170 000 au total pour Jelonch sans contrepartie claire et mentionnée de la part des joueurs et du Stade toulousain. L'avocat de Dupont a déjà parlé d'une clause de confidentialité empêchant son client de s'épancher sur le sujet.

«Contrairement aux inepties que nous pouvons lire ou recevoir, il n'y a pas de jubilation à se « payer » untel ou untel»

Ces dernières années, L'Equipe a souhaité mettre la lumière sur différentes affaires du rugby français comme le cas des corticoïdes au Racing 92 il y a 10 ans de cela, le salary-cap de Montpellier en 2020 et plus récemment des scandales à la FFR et au GIP 2023. Plusieurs personnes avaient réagi en criant à « l'acharnement » et à la « chasse à l'homme » dans le but de « jubiler » ou de faire « payer » telle ou telle personne comme l'a rédigé Renaud Bourel, rédacteur en chef à L'Equipe ce vendredi quelques jours après la publication de l'enquête.

« Contrairement aux inepties que nous pouvons lire ou recevoir, il n'y a pas de jubilation à se « payer » untel ou untel, laquelle serait indexée sur son niveau de notoriété. Il n'y a pas d'agenda visant à faire tomber un club ou son président. Nous nous efforçons - et j'affirme que nous y parvenons - de rester neutres et impartiaux. Nous n'éditorialisons pas. Nous nous contentons de rapporter des faits qui parlent pour eux-mêmes. Nous donnons toujours la parole aux personnes mises en cause. Libre à elles de nous répondre ».

«Chasse à l'homme », « acharnement », a-t-on pu lire ou entendre. L'un des mis en cause a même osé le terme de « fatwa »»

Sentant encore une fois de la défiance de l'opinion publique concernant le travail d'investigation mené à l'encontre du Stade toulousain, Renaud Bourel a poursuivi sa défense assurant n'avoir aucun motif de desservir qui ou quoi que ce soit. « Enfin, il existe d'un côté de l'opinion l'impression parfaitement erronée d'une cabale. Elle est toujours la même. Nous l'avons connue lors de l'affaire des corticoïdes au Racing 92 en 2016, du salary-cap de Montpellier en 2020 - contre lequel aucun capitaine de l'équipe de France ne montait au créneau - du Covid en équipe de France, des scandales à la FFR ou au GIP 2023... « Chasse à l'homme », « acharnement », a-t-on pu lire ou entendre. L'un des mis en cause a même osé le terme de « fatwa » dans un huis clos qui n'existera jamais à partir du moment où vous vous adressez à plus de deux personnes ».

Pour finir, le rédacteur en chef de L'Equipe a tenu à rappeler à ses lecteurs et à toute personne remettant la bonne foi de la cellule d'investigation du quotidien sportif qu'il n'y a aucune volonté de diviser. « Je comprends la confusion des genres à notre lecture. Nous sommes un média qui rapporte à la fois l'exploit sportif, décrit l'admiration qu'il suscite et, en parallèle, se soucie du respect de ses règlements et de ses lois, enquête sans discriminer. Nous séparons le sportif du citoyen et, à la fin, ce qui l'emporte, c'est l'envie de faire du journalisme, d'être utile en informant autant qu'en divertissant ».

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