L'Algérie de Rabah Saâdane peut-elle vraiment se passer d'un gardien de la trempe de Michaël Fabre ? Non, à en croire un membre influent de la fédération algérienne, interrogée, au lendemain de la déclaration fracassante du sélectionneur algérien à la chaîne Al Arabia. Et pourtant...

Et pourtant, sûr de lui, le Cheikh (surnom de Saâdane) ne semble pas très emballé à l'idée de sélectionner le Varois. « Seuls les gardiens évoluant en Algérie seront du mondial ! » a-t-il lâché à l'antenne. Une annonce fracassante qui pour décoder signifie que l'ancien champion du monde des U17 avec les Bleus (2001) aux côtés de Mourad Meghni et de Hassen Yebda, n'est pas le bienvenu en Algérie. Contacté, le sélectionneur algérien était injoignable toute la journée. Mais, bien plus qu'un simple choix entre plusieurs postulants, l'éviction de Michaël Djamel Fabre cacherait une "bien sombre affaire de discrimination" à en croire un éminent responsable algérien. "Fabre est bien meilleur que Gaouaoui et Zemmamouche les deux autres postulants à l'une des trois places pour le mondial. Il fait largement jeu égal avec Faouzi Chaouchi. Dans les airs, Chaouchi est meilleur, mais dans le jeu à terre, au niveau de l'esprit et du professionnalisme, c'est Fabre qui les devance tous. Malheureusement pour lui, il ne porte pas un nom purement arabe, c'est ce qui a refroidi plusieurs membres de la fédération qui ont influencé le sélectionneur. C'est une bien mauvaise option que d'écarter le gardien clermontois, dans la mesure où il joue toujours la montée en Ligue 1 avec son club. En Algérie, nous n'avons aucun équivalent..." nous a confié, dépité, ce haut responsable algérien. Fabre victime de son nom ? Si telle était vraiment l'origine de cette mise à l'écart, l'Algérie n'en ressortirait pas grandie. Originaire de Brignolles (Var), l'ancien portier de Bologne est algérien par son père (Mohamed Belkacem) et français par sa mère. Interrogé par les médias algériens à de nombreuses reprises ces derniers mois en vue d'une probable sélection, Michaël Fabre avait clairement signifié son attachement à ses racines algériennes. En professionnel, il avait également assuré que son intérêt pour les Fennecs ne datait pas de la qualification arrachée au Soudan face à l'Egypte, mais "facilement depuis deux ans déjà". Comble de l'ironie, Michaël Fabre avait été supervisé à deux reprises des dernières semaines. Une première fois par le responsable des gardiens, Hassen Belhadji, puis une seconde fois par Rabah Saâdane et Mohamed Raouraoua, le très influent président de la fédération algérienne. Approché par nos soins lors de la rencontre opposant Istres à Clermont (victoire des Clermontois 3-1), le sélectionneur algérien s'était montré disposé à donner sa chance à l'ancien sedanais. Désormais, bien qu'aucune liste des 23 sélectionnés algériens n'ait été encore rendue publique, Michaël Fabre garde toujours espoir de disputer le mondial avec l'Algérie. A défaut de quoi, le portier clermontois "donnera tout ce qui l'a pour propulser le club auvergnat en Ligue 1". Un joli pied-de-nez à ses détracteurs...