Mourinho a depoussiere le catenaccio
La rédaction

Barça-Inter restera sans doute comme l'une des demi-finales les plus ennuyeuses de l'histoire de la Ligue des champions. Mais ce match retour aura encore confirmé le génie tactique de José Mourinho qui avait construit un bloc hermétique.

Si vous n’avez pas piqué un somme devant cette demi-finale retour invitant à un sommeil précoce, vous avez peut-être apprécié l’art de la défense proposé par l’Inter Milan. C’était d’ailleurs le seul intérêt de cette rencontre. Helenio Herrera a sublimé dans les années 60 le catenaccio en le transposant au jeu de… l’Inter Milan.

Défendre en bloc, coulisser, se regrouper devant sa surface ou encore boucher les espaces dans son camp, cela a souvent été la base du jeu italien. Il en reste encore des réminiscences en Serie A. Pour cette demie, José Mourinho n’est pas allé chercher très loin son schéma du jour pour protéger ses deux buts d’avance acquis à l’aller.

Même l’expulsion précoce de Thiago Motta à la suite d’une simulation de Busquets (28e) n’aura pas troublé le système de Mourinho. Elle l’aura même renforcé. L’Inter a évolué durant toute la rencontre avec une rigueur défensive infaillible. A 10, les Italiens ont évolué en 4-3-2 lorsque la balle se trouvait loin de leur but. Dès que le Barça s’approchait, le schéma passait en 4-4-1 pour finir en 5-4. Implacable. Seule une roulette géniale de Piqué (84e) aura réussi à piéger cette organisation. Bojan aurait pu y parvenir deux minutes plus tôt sur une tête dans les six mètres.

José Mourinho est encore celui qui fait gagner son équipe. Le Portugais sait en plus s’adapter aux spécificités locales en réutilisant ce catenaccio qui avait permis à l’Inter Milan de remporter deux titres de champion d’Europe dans les années 60. Qu’on le vénère ou qu’on le déteste, José Mourinho est bien un génie. Dommage que son sens tactique ne soit pas égal à son fair-play. Sa ridicule course effrénée tel un joueur sur la pelouse et son regard provocateur envers le Camp Nou étaient de trop.