De joueur du PSG où il a remporté le premier titre de champion de France de l'histoire du club à entraîneur derrière le premier trophée européen du Paris Saint-Germain (la C2), Luis Fernandez est pour beaucoup une figure iconique du PSG. Et pourtant, il semble qu'il n'a pas toujours été franc et notamment en ce qui concerne le transfert raté qu'il regrette encore à ce jour. Explications.

Au PSG, il y a une longue histoire avec les Brésiliens. Depuis la création du club en 1970, plusieurs stars auriverdes ont porté la tunique rouge et bleu du Paris Saint-Germain. Neymar, Ronaldinho, Rai, Leonardo... Il n'y a qu'à s'attarder sur la nationnalité du capitaine de la seule équipe du club qui a été capable de soulever la Ligue des champions : Marquinhos. Néanmoins, dans les années 90, un futur champion du monde était attendu par l'entraîneur de l'époque : Luis Fernandez.
«On m’a dit qu’on avait ce qu’il fallait à la maison, je ne citerais pas le nom»
C'est en effet le discours que tenait l'ex-capitaine puis coach du PSG sur les ondes de Rire & Chansons en décembre dernier. Il voulait accueillir Roberto Carlos, mais on l'en a empêché selon ses dires. C'est encore à ce jour, trente ans plus tard, son plus grand regret de son histoire d'entraîneur du Paris Saint-Germain (1994-1996 puis 2000-2003).
« Le plus gros joueur que j’ai failli avoir au PSG et que je regrette ? Roberto Carlos. J’avais envoyé quelqu’un le voir là-bas au Brésil et il jouait avec le propriétaire de la Parmalat et mon ami me dit : ‘voilà le prix qu’ils veulent’. Je me dis que c’est jouable. Le soir-même il jouait un match et il m’a parlé au téléphone pour me dire ‘j’aimerais venir au Paris Saint-Germain avec tous les Brésiliens qui sont passés, ils sont tous contents’. Mais après on m’a dit qu’on avait ce qu’il fallait à la maison, je ne citerais pas le nom. J’aurais bien aimé l’avoir ce Roberto Carlos, mais je ne suis jamais entré dans ce genre de discussions financières en tant qu’entraîneur parce qu’il faut savoir respecter le club ».

«En 1995, Luis Fernandez me fait part de son besoin d'un latéral gauche»
Il semblerait que les faits aient été altérés par Luis Fernandez. Du moins, si l'on s'attarder sur les propos de l'agent Franck Logbi Henouda qui avait cherché à placer plusieurs joueurs brésiliens au PSG pendant des années. « En 1995, Luis Fernandez (alors entraîneur du club) me fait part de son besoin d'un latéral gauche. Je déniche Roberto Carlos à Palmeiras, que j'avais repéré dans le Championnat régional un peu plus tôt. Je fais le deal avec le club, on trouve un accord à 3 millions d'euros. Puis, en marge d'un barbecue, on rencontre Roberto Carlos pour trouver un terrain d'entente avec son agent. Il est arrivé avec un jean des années 1970 trop serré au niveau des cuisses, je n'ai jamais vu ça de ma vie ! (Rires.) On discute, on se met d'accord ».
«Deux jours plus tard, j'achète L'Équipe, et je lis que Luis Fernandez a décidé de recruter un attaquant afin de pallier le départ de George Weah»
Tout semblait bien parti pour que Roberto Carlos devienne un joueur du PSG et non de l'Inter. Mais le départ de George Weah pour l'AC Milan a redistribué les cartes aux yeux de Luis Fernandez, au grand dam de Franck Logbi Henouda. « Pour valider, Jean-Michel Moutier va le voir à Wembley lors du match Angleterre-Brésil (1-3, le 11 juin 1995). À son retour, Il m'appelle : "Il a deux Lizarazu dans chaque jambe." Cela devait être mon premier gros coup... Finalement, deux jours plus tard, j'achète L'Équipe, et je lis que Luis Fernandez a décidé de recruter un attaquant afin de pallier le départ de George Weah. Il avait pris le Panaméen Julio César Dely Valdés. C'était mort, il n'y avait plus de place pour un joueur extracommunautaire. Roberto Carlos a finalement signé à l'Inter Milan ».