Les récents succès sportifs du Paris Saint-Germain, sacré deux années de suite en Ligue des champions, témoignent de l’efficacité des choix de Luis Campos avec les joueurs. Dans un entretien accordé à la télévision portugaise, le dirigeant est revenu sur sa méthode de recrutement.

Vainqueur de sa deuxième Ligue des champions consécutive face à Arsenal le 30 mai dernier, le PSG a récolté les fruits du travail accompli par Luis Campos depuis l’été 2023, avec une nouvelle politique sportive mise en place suite à la nomination de Luis Enrique. Le club de la capitale a mis fin au recrutement de grandes stars à des prix exorbitants, privilégiant le collectif et l’arrivée de jeunes talents. Lucas Beraldo, Willian Pacho, Dro Fernandez, Joao Neves, Désiré Doué ou encore Bradley Barcola ont ainsi posé leurs valises dans la capitale.
« Je dois passer totalement inaperçu en me déguisant afin de pouvoir choisir les bons joueurs »
Dans un entretien accordé à la chaîne RTP, Luis Campos s’est livré sur ses méthodes pour dénicher la recrue idéale en toute discrétion. « On m’appelle le loup solitaire parce que je dois cacher beaucoup d’informations, mes idées. Parfois, je dois passer totalement inaperçu en me déguisant afin de pouvoir choisir les bons joueurs, choisir les bons entraîneurs. Aujourd’hui, j’ai un visage connu mondialement. Beaucoup de fois, pour aller voir des matches, je dois me déguiser : des vêtements sombres, des bonnets. J’ai déjà mis une fausse moustache, a reconnu le dirigeant du PSG, dans des propos rapportés par Foot Mercato. Ce n’est pas le fait d’être reconnu qui me préoccupe ou que les journalistes sachent que je suis là. C’est pour que les joueurs que j’observe ne sachent pas que je suis là. Je ne parle jamais avec ces joueurs ni avec ses agents. Quand je vais voir les matches sans être reconnu, j’achète souvent ma place (en temps normal, les clubs mis au courant invitent les recruteurs, ndlr) et je vais autre part dans le stade qu’en tribune présidentielle. C’est mon idée de voir comment est le joueur (observé) dans la réalité. »
Le double scouting mis en place
Luis Campos a également confirmé un autre de ses subterfuges concernant ses superviseurs révélé un peu plus tôt par la journaliste qui l’interrogeait. « Je ne savais pas que vous étiez si bien informée (rires). Oui, parfois, il y en a deux sur un match sans savoir qu’ils sont deux à superviser la même rencontre. J’adore croiser les informations, explique le Portugais. Je ne les laisse pas partager leurs informations, afin qu’ils ne se « contaminent » pas. Pour qu’ils soient les plus réalistes et les plus purs possibles. Je les appelle les super scouts. Je fais aussi un scouting en les choisissant. Ce sont des personnes spéciales. »
Luis Campos cherche à connaître le « profil psychologique » d’un joueur
Mais les qualités footballistiques d’un joueur ne sont pas les seules à être examinées par le directeur sportif du PSG. « Manger avec lui pendant une semaine ou faire du shopping, comme je l’ai déjà fait, ça me sert à définir s’il a un profil psychologique, savoir s’il ne va pas déstabiliser tout un vestiaire, se justifie Campos. Pour l’exemple du shopping, c’était un joueur pour lequel tout le monde me disait : « Luis, ce ne sera jamais un grand joueur parce qu’il n’arrive pas à se contrôler face à l’argent, il a une mauvaise relation avec l’argent. » Du coup, je me suis dit qu’il me fallait une stratégie pour vérifier si c’était vrai. J’ai donc pris un rendez-vous avec ce joueur dans un café qui se trouvait dans un lieu de shopping où il y avait de très belles boutiques. J’ai dit au joueur : « allez, viens on va faire un tour et on va parler. » Et puis le joueur est entré dans le premier magasin, puis dans le deuxième, le troisième, etc… Il a dépensé beaucoup d’argent (rires). Ensuite, quand je rencontre un joueur dans un restaurant, je lui présente le projet collectif du club, notre idée du club. Après, je lui dis comment on le voit dans ce projet. Normalement, dans ce moment aussi important, le joueur doit être très attentif. Et parfois, je discute avec lui et au bout de cinq, six minutes, je le vois mettre sa tête dans ses bras et me donner la sensation que c’est un joueur qui a un manque de concentration, qui n’a pas certaines qualités importantes dans le football moderne. »
Luis Campos avait illustré cette approche en début d’année, dans un entretien accordé à Marca, en citant l’exemple de Willian Pacho. « Quand je l'ai contacté pour la première fois, il était en Équateur et je lui ai dit : « Je vais venir vous voir pour vous présenter le projet du club. » Il m'a répondu : « Monsieur Luis Campos, vous dites que le PSG veut me recruter ? Je serai à Madrid demain ! J'arrive à 9 h. » Waouh ! J'ai appelé Luis Enrique : « Ce gars-là va tout donner pour nous ». Son attitude m'a montré que j'avais trouvé quelqu'un qui avait faim de victoire, expliquait-il. Je le connaissais déjà de terrain, mais il m'a aussi fait une très bonne impression. Je suis allé de Paris à Madrid, nous avons passé la journée ensemble et, à la fin, je me disais : « Il doit venir au PSG. » Peu après leur première rencontre, Luis Enrique discutait déjà avec lui de tactique, de ce qu'il attendait de lui, de la façon dont il devait se comporter sur le terrain… C'était un moment magnifique. »