Au Paris Saint-Germain, Antoine Kombouaré a dans un premier temps été conforté par les hauts décideurs du Qatar à son poste d'entraîneur. Toutefois, Leonardo semblait avoir à autre projet : celui de faire de Carlo Ancelotti le coach du PSG. Au point où le directeur sportif de l'époque s'entretenait avec le technicien transalpin dans les restaurants parisiens. Ce qui est arrivé aux oreilles de Kombouaré.
Au printemps 2011, tout a basculé. Le PSG alors présidé par Robin Leproux passait entre les mains de Nasser Al-Khelaïfi. Le nouveau patron parisien était nommé par le prince Al-Thani, devenu depuis l'Emir du Qatar, avec comme objectif de gagner la Ligue des champions dans les années à venir. Chose qui s'est déroulée 14 ans plus tard avec Luis Enrique, un coach qui en avait déjà fait l'expérience en 2015 avec le FC Barcelone. Alors forcément, Antoine Kombouaré savait pertinemment qu'au lancement du projet QSI, son poste d'entraîneur n'allait pas rester intact.
«Leonardo me mettait des bâtons dans les roues»
Et pourtant, le prince Al-Thani le recevait à Doha pendant ses vacances estivales en juin pour lui signifier qu'il comptait sur lui. Le nouveau directeur sportif Leonardo, pas trop visiblement. C'est ce qu'on peut tirer des propos tenus par Antoine Kombouaré sur la fréquence radio d'Ici Paris vendredi. Limogé au terme de la première partie de saison malgré sa position de champion d'automne en Ligue 1, l'ex-coach parisien a avoué avoir vécu des moments délicats avec Leonardo comme supérieur hiérarchique au PSG. La faute à son souhait de tourner la page pour faire la place à Carlo Ancelotti.
« Mon licenciement ? C'était un soulagement. Parce que les 6 mois que j'ai vécu avec Leonardo, qui me mettait des bâtons dans les roues pour essayer de faire venir son copain Ancelotti. Je l'ai compris parce qu'on gagnait des matchs et après les matchs il me disait tout le temps : « Antoine, ce n'est pas bien ». Je lui disais : « Mais Leonardo, on a 12 joueurs qui arrivent, tu veux qu'on ait le meilleur football du championnat ? Ce n'est pas possible. Aujourd'hui on gagne, on est bien placés, mais ça demande du temps, on ne construit pas une équipe en quatre mois »».
«J'apprenais que lui rencontrait Ancelotti»
D'ailleurs, Antoine Kombouaré ne savait que trop bien le double jeu de Leonardo, travaillant dans ce qui pensait être le plus grand des secrets sur la nomination de Carlo Ancelotti, vainqueur de la C1 avec l'AC Milan en 2003 et 2007 à l'époque. De quoi créer une friction au Camp des Loges entre les deux hommes après avoir eu vent des rendez-vous de Leonardo avec l'Italien dans les restaurants parisiens.
« A chaque fois, les critiques étaient négatives. Et surtout, je suis Parisien, ça faisait 10 ans que j'étais là. Par tous mes copains restaurateurs, j'apprenais que lui rencontrait Ancelotti. Ce qui s'est passé à un moment donné, je lui ai dis : « Leonardo, à partir d'aujourd'hui, le Camp des Loges ce n'est plus pour toi. Tu vas rester au Parc des princes ». On allait au match ensemble et quand c'est terminé, je lui ai dis « voilà Leonardo merci, reprends ton club et prends ton entraîneur et puis la vie continue». Quand j'ai vu que c'est Ancelotti qui venait, j'étais déçu, mais c'était Ancelotti qui a gagné la Ligue des champions ».