Alors qu’il a officiellement quitté ses fonctions ce lundi, Medhi Benatia s’est exprimé pour la dernière fois en tant que directeur du football de l’OM dimanche après la victoire face à Rennes (3-1). L’ancien international marocain est notamment revenu sur l’élimination en Ligue des champions et la réunion qu’il a eue avec certains cadres du vestiaire afin de savoir quel était le problème, lui, Roberto De Zerbi ou Pablo Longoria.

Après une saison pleine de péripéties, l’OM a tout de même assuré sa qualification en Ligue Europa dimanche, grâce à sa victoire lors de la réception du Stade Rennais (3-1). Ce qui était la dernière apparition de Medhi Benatia en tant que directeur du football du club. Ce dernier s’est arrêté en zone mixte, revenant sur sa décision de partir et son vrai-faux départ au mois de février, quelques jours après le départ de Roberto De Zerbi.
« Ils m’ont tous dit : "Non, non. On n’a rien contre personne... " »
« Aujourd’hui, quand tu travailles dans une entreprise, chacun doit respecter son rôle. J’ai décidé de démissionner le lendemain du match au Paris-Saint-Germain, parce que cette honte accumulée à celle vécue contre Nantes à domicile et celle de Bruges… Pour moi, c’était trop, beaucoup trop. Je devais prendre mes responsabilités. J’avais rencontré les leaders pendant le stage à Clairefontaine, après Bruges. J’ai dit aux gars : "Quand on joue comme vous à Bruges, je vous le dis, j’ai un petit peu d’expérience, c’est qu’on est contre quelqu’un. Soit vous êtes contre le coach et vous n’osez pas me le dire, connaissant ma relation avec Roberto... Mais les gars, c’est mon boulot. S’il faut le sortir, j’en parlerai avec Pablo Longoria et on le sortira. Soit vous en avez contre le président, dans ce cas il faut me le dire, ce sera compliqué mais on fera remonter le message. Soit c’est contre moi. Si c’est ça, je suis prêt à démissionner demain pour le bien du club." Il y avait "Auba", Pierre-Emile Hojbjerg, Leo Balerdi, il était 1h du matin. "Les gars, dites-moi juste comment c’est possible de jouer comme ça, de ne pas aller au combat, dans le duel... Expliquez-moi, j’ai besoin de savoir. Le coach ne comprend pas non plus, il est perdu." Et là ils m’ont tous dit : "Non, non. On n’a rien contre personne... " », a expliqué Medhi Benatia.
« Que moi, j’annonce ma démission ou pas… tu ne joues pas pour Medhi Benatia »
« Pour répondre à votre question… Que moi, j’annonce ma démission ou pas… tu ne joues pas pour Medhi Benatia. Je ne suis pas là pour m’entendre avec les joueurs, pour être leur ami. Moi, je suis là pour mettre un cadre de travail, pour imposer une méthode avec l’entraîneur et faire avancer le projet », a ajouté Medhi Benatia. « Après, il y a une relation qui se crée avec certains, parce que le mec est un combattant, c’est celui qui prend la parole dans les moments difficiles, qui est blessé mais se propose de jouer même 20 minutes… Moi, ça me parle ce genre d’attitudes. Mais tu ne joues pas pour l’entraîneur. Moi, j’ai eu des coaches que je n’ai pas spécialement aimés. Et alors… quand je dois marquer un mec sur le corner, je fais semblant de ne pas le voir pour qu’il me passe dans le dos et prendre un but ? Ça n’existe pas ça, je n’ai jamais vu ça, moi. Que j’ai posé ma démission ou pas, je suis encore ce soir le directeur du football de l’OM. Quand on prend la décision avec Frank (McCourt) d’une mise au vert punitive, parce que c’était une honte ce qu’on a vu à Nantes… Je suis encore dans mon rôle que je sache… Frank voulait qu’on marque le coup. »