Habib Beye : Le traumatisme qu'il n'a pas oublié à l'OM, «ça me hante encore»
Bernard Colas -
Journaliste
Passionné de sport, de cinéma et de télévision (à l’écran comme derrière) depuis son enfance, Bernard est journaliste pour le 10 Sport depuis 2018. Plus habile clavier en main que ballon au pied, il décide de couvrir principalement un sport adulé, critiqué et détesté à la fois (le football) et un sport qui n’en est pas un (le catch).

Ancien capitaine de l’OM, Habib Beye a fait son retour dans la cité phocéenne en succédant à Roberto De Zerbi sur le banc de touche. Un rêve pour l’ancien international sénégalais, qui a connu de grandes joies mais aussi quelques désillusions au sein du club. Il y a quelques années, celui qui dirige désormais l’équipe première avait raconté sa plus grosse déception.

Attaché à l’Olympique de Marseille depuis son passage en tant que joueur, Habib Beye a profité de la crise qui régnait dans la cité phocéenne pour faire son retour au club, comme entraîneur. Un rêve pour celui qui a donc remplacé Roberto De Zerbi. L’ancien international sénégalais a connu de grandes joies au sein de l’OM, mais aussi quelques désillusions, comme cette finale de Coupe de France perdue en 2007 contre le FC Sochaux ­(2-2 a.p., 4-5 aux t.a.b.). Interrogé il y a quelques années par L’Equipe, Habib Beye avait reconnu que ce revers le hantait encore.

Le traumatisme de Beye à l'OM

« Cette finale est douloureuse et même pathologique. On mène 2-1 à cinq minutes de la fin de la prolongation, on a des balles de 3-1... C'est égoïste mais, en tant que capitaine, je me voyais déjà soulever la coupe de France quatorze ans après le dernier trophée de l'OM (Ligue des champions 1993). À ce moment-là, je me dis qu'il faudrait un ouragan pour qu'on ne la gagne pas. Et Le Tallec égalise (2-2, 115e) et on perd aux tirs au but », s’était souvenu Habib Beye, regrettant de ne pas avoir participé à la séance de tirs au but.

« Cette nuit-là, je suis resté prostré dans mon lit pendant des heures à l'hôtel »

« Mon plus grand regret ? Ne pas avoir pris mes responsabilités de capitaine lors de cette séance de tirs au but. Après la série de cinq tirs (4-4), je demande : "Qui se sent ?" Comme personne ne se décide, je m'apprête à me dévouer. C'est alors que Zub (Ronald Zubar) me dit : "Laisse-moi y aller", et Teddy Richert arrête sa frappe. Cette nuit-là, je suis resté prostré dans mon lit pendant des heures à l'hôtel, confiait-il en 2018. Ça me hante encore aujourd'hui car je me dis que c'était à moi de tirer. Je m'en veux car j'aurais dû avoir plus de caractère. Je le dis à Noah, mon fils de dix ans : "Jamais tu ne reculeras devant le fait de tirer un penalty. Il n'y a que ceux qui ne tirent pas qui ne ratent pas." Il me fait plaisir : dès que son équipe obtient un penalty, il se propose pour tirer. »

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