Aujourd’hui âgé de 21 ans, Noha Lemina a connu un début de carrière particulier. Formé au PSG, le jeune milieu offensif avait brillé durant l’été 2023 alors que Luis Enrique lui avait fait confiance en pré saison. En 2024, le joueur né en 2005 avait rejoint son grand frère Mario Lemina à Wolverhampton après le décès de son père. L’ancien joueur de l’OM, évoluant actuellement à Galatasaray, a raconté le destin touchant de son petit frère.

Tout le monde espérait le voir avec l’équipe première du PSG. Ayant débarqué sur le banc du club parisien en juillet 2023, Luis Enrique a rapidement enchaîné avec une première pré saison à l’occasion d’une tournée en Asie notamment. Sur ces différents matchs amicaux disputés par les Rouge et Bleu, un jeune joueur va alors véritablement se révéler. Issu de la génération 2005, Noha Lemina a impressionné les observateurs sur cette tournée estivale. Cependant, rapidement, le destin du jeune Titi Parisien va basculer. Alors qu’il n’a pas disputé le moindre match avec le PSG, le joueur désormais âgé de 21 ans et petit frère de Mario Lemina perd son papa, et décide de rejoindre son grand frère à Wolverhampton.
« Notre famille venait de moments très très difficiles parce qu’on venait de perdre notre père »
Passé par l’OM et désormais bien installé à Galatasaray, Mario Lemina est revenu sur les moments compliqués vécus par son petit frère après des débuts prometteurs au PSG. « Noha venait de moments très très difficiles. Notre famille venait de moments très très difficiles parce qu’on venait de perdre notre père. Noha, c’était le dernier de la famille, donc mon père était tout le temps avec lui. C’était son confident, son meilleur ami. Quand on a perdu mon père, Noha a perdu la boussole. On ne s’est pas vraiment fréquentés. Quand Noha grandit, je suis déjà parti de la maison, on a un trop gros écart d’âge. Forcément, quand mon père décède, je deviens le papa de la famille, c’est moi le frère le plus grand. Dans ma tête, ça fait qu’un tour : je ne peux pas laisser mon frère seul. Je ne peux pas laisser mon frère perdre la boussole sachant qu’il est talentueux, plein de vie. J’ai besoin d’apprendre à le connaître, savoir qui il est, pourquoi il est dans cette situation, pourquoi mentalement ça va pas. Franchement, je ne remercierai jamais assez Wolverhampton de m’avoir laissé l’opportunité de vivre ça avec mon frère », a ainsi confié Mario Lemina au cours d’un entretien accordé à Canal + Afrique.
Mario Lemina a réclamé le transfert de son petit frère
« C’est clairement moi qui suis parti demander à Wolverhampton de ramener mon frère. J’ai dit : “Là, c’est difficile. S’il vous plaît, ce que je vous demande, c’est d’utiliser votre joker et de faire venir mon frère.” Pour être honnête, mis à part ça, ils l’avaient déjà supervisé. Ils aimaient beaucoup le profil de mon frère quand il était au PSG. Je ne l’aurais pas fait s’il n’était pas le joueur qu’il est, mais je l’ai fait parce qu’il avait du talent et parce qu’il avait besoin de moi. J’avais cette proximité-là avec les coachs de Wolverhampton, ils me faisaient confiance, je leur redonnais sur le terrain. C’est toute cette belle cohésion qui a fait en sorte que Noha puisse venir dans les meilleures conditions à Wolverhampton. À ce moment-là, j’apprends à connaître Noha, je le vois avec beaucoup de traumas. Noha souffrait énormément. C’était dur de voir son petit frère souffrir comme ça », poursuit ensuite Mario Lemina. Son petit frère Noha ne jouera jamais avec l’équipe première, et décidera de rentrer en France à l’aube de la saison 2024-2025 en s’engageant avec Annecy en Ligue 2.
« Au final, il a toujours cet objectif en tête de rendre fier son père »
« Noha, c’est quelqu’un de très joyeux, mais dans la compétition il est très introverti. Il ne montre pas ses émotions, ce qu’il endure. Mais au final, il a toujours cet objectif en tête de rendre fier son père. De son vivant, ou maintenant aujourd’hui en n’étant plus là. Je lui ai dit d’enlever tout ça, d’arrêter de se torturer à vouloir rendre fier quelqu’un : déjà, sois heureux. T’as 18-20 ans, prend du plaisir, kiffe ta vie. Il n’y a personne qui te demande quelque chose ici, personne n’a besoin de toi financièrement ou quoi que ce soit. J’ai déjà tracé le chemin pour toi, toi, t’as plus qu’à kiffer ta vie, à faire des efforts, jouer ton ballon. Personne ne te demande quoi que ce soit à part d’être heureux. Le fait qu’il soit là, on a pu avoir de belles discussions, beaucoup plus intimistes, beaucoup plus profondes. Il y a beaucoup de choses que je lui ai dit d’arrêter de faire, parce qu’il rêvait d’être moi. Arrête de mettre ça dans ta tête. Moi, je ne suis pas toi. Toi, tu n’es pas moi. Moi, je veux que tu deviennes toi. C’est quoi tes objectifs ? T’as pas besoin de suivre mes traces, c’est les miennes. Essaie de suivre le chemin que j’ai montré », a également ajouté Mario Lemina, qui sera derrière son petit frère peu importe le chemin que prendra sa carrière à l’avenir.
L’ancien Titi du PSG s’est engagé en deuxième division turque
« Il a vu aussi comment je faisais au quotidien, parce que je suis capitaine de Wolverhampton, je finis meilleur joueur de la saison… Je lui ai tout montré, je n’avais pas besoin de trop parler. Je lui ai montré par les actes : quand je vais à l’entraînement, comment je suis respecté dans le vestiaire, ce que je fais à l’entraînement, pendant les matchs, comment je communique avec les autres. L’expérience, ça ne vient pas du jour au lendemain. C’est des trucs que tu dois appliquer tous les jours pour pouvoir en faire une force. J’espère qu’il arrivera à assimiler tout ça, parce qu’il a un très fort potentiel. C’est mon frère, je l’aime et je lui souhaite la plus grande carrière possible, mais il faut qu’il sache que ça reste mon frère. Sa carrière, c’est pour lui. Moi, demain, qu’il joue au foot, qu’il soit pizzaiolo, quoi que ce soit, ça reste mon frère. Tout ce qu’on veut pour son sang, c’est qu’il réussisse. Pourquoi pas qu’il soit même meilleur que toi-même. C’est tout ce que je lui souhaite. Dès qu’il aura débloqué ces traumas-là, je sais qu’il va retrouver son niveau, que ce soit maintenant, dans deux-trois ans, peu importe. Avant, c’est psychologique. J’ai envie qu’il soit heureux avant tout. Le joueur m’intéresse que très peu, je veux qu’il soit heureux », conclut le milieu de terrain âgé de 32 ans. Après une saison intéressante avec le club suisse Yverdon Sport, Noha Lemina s’est ensuite engagé en faveur de Manisa, en deuxième division turque, lui qui essaye désormais de trouver de la stabilité dans sa carrière.