Depuis une décennie, Gianni Infantino est à la tête de la plus haute instance du football mondial : la FIFA. Néanmoins, le président commence de plus en plus à être remis en question par des membres de l’ECA (association européenne des clubs) et par le patron de l’UEFA : Aleksander Čeferin. La proposition de vente des parts de la Coupe du monde fait jaser y compris à la FFF en atteste la déclaration de Philippe Diallo à France Inter. Certaines voix de l’ECA militeraient pour que Nasser Al-Khelaïfi fasse campagne aux élections présidentielles de la FIFA en 2027. Son porte-parole s’est exprimé.

Il y a presque deux semaines de cela, le rideau tombait sur la Coupe du monde 2026. Le patron de la FIFA, en poste depuis février 2016 remettait le trophée à Rodri aux côtés du président des États-Unis Donald Trump. Cependant, Gianni Infantino est encore plus contesté qu’il ne l’était depuis sa proposition de vente des parts de la Coupe du monde à des investisseurs extérieurs. « FIFA Forward Enterprise est en réalité une proposition, une offre. Elle s’inscrit dans un processus démocratique, un processus de consultation. Et surtout, c’est une opportunité, pas une obligation », a lancé Infantino dans une vidéo publiée sur les canaux de communication de la FIFA.
Infantino explique sa proposition de vente : «Nous sommes convaincus que la proposition de la FFE permettrait de libérer tout le potentiel de ce sport à travers le monde»
« Elle permettrait simplement de commercialiser et d’organiser toutes les compétitions détenues par la FIFA ainsi que le sponsoring, la diffusion, les licences et de nouveaux projets, au profit de 211 associations membres de la FIFA libérant ainsi une valeur commerciale jusqu’alors inexploitée. Renforcer l’aspect commercial du football est la suite logique de cette évolution », explique Gianni Infantino. Le président de la FIFA est persuadé que cette vente de la Coupe du monde serait bénéfique pour tout le monde y compris les jeunes aspirants footballeurs aux quatre coins du globe.
« Nous sommes donc convaincus que la proposition de la FFE permettrait de libérer tout le potentiel de ce sport à travers le monde que ce soit chez les hommes, les femmes ou les jeunes. C’est une occasion unique d’accélérer le développement du football à l’échelle mondiale. Mais encore une fois, il ne s’agit que d’une proposition et non d’un engagement ». Néanmoins, les détracteurs de ce projet sont légion. A commencer par le premier ministre anglais qui a pesté sur X ainsi que le président de la Fédération Française de football.
Philippe Diallo remet en question la légitimité de Gianni Infantino à la tête de la FIFA, des membres de l’ECA aussi
Quelques heures après avoir officiellement présenté Zinedine Zidane au siège de la FFF au Boulevard de Grenelle en sa qualité de nouveau sélectionneur de l’équipe de France jusqu’en 2030, Philippe Diallo était invité sur France Inter. L’occasion pour le patron du football français de pester face à la proposition de Gianni Infantino.
« On ne connaît ni sa philosophie, ni sa nécessité, pas plus que le montage financier ou ses financements. Ce projet est inquiétant car il n’y a pas de détails, or il touche à l’un des actifs fondamentaux du football avec la Coupe du monde qui est la plus grande épreuve sportive au monde. Je suis déjà intervenu sur les conditions de revenus de la Coupe du monde reversées aux sélections car je les trouvais assez injustes. Ce projet, on ne sait pas d’où il sort. Différents événements récents, comme le carton rouge enlevé à Balogun (à la demande de Donald Trump), le projet de passage à 64 équipes après 48 ou certains montages financiers, nécessitent de revoir cette gouvernance qui n’est pas à la mesure de ce que représente le football ». Un message de défiance clair qu’il n’est pas le seul à communiquer.
«Nasser n’a absolument aucune ambition, aucune intention, aucun intérêt pour le poste à la FIFA»
Selon les informations de POLITICO, les responsables du football européen envisageraient sérieusement de présenter Nasser Al-Khelaïfi à la présidence de la FIFA qui se déroulera en 2027. Le président du PSG, fonction qu’il occupe depuis le printemps 2011 s’est depuis bâti un CV solide en devenant un membre de l’union des associations européennes de football et le président de l’association européenne des clubs (ECA) entre autres.
Celui qui s’est battu contre l’avènement de la Super League en 2021 est dans les bonnes grâces du président de l’UEFA Aleksander Čeferin. Un responsable de l’union des associations européenne s’est confié mercredi au média concernant cette option. « Les étoiles se sont alignées. Quant à savoir s’il se présentera, c’est une autre histoire ». The Daily Telegraph confirme que des partisans de Nasser Al-Khelaïfi commencent doucement à militer pour qu'il participe à la campagne.
Néanmoins, si l’on se fie au discours rapporté par un porte-parole d’Al-Khelaïfi à POLITICO, une campagne pour la présidence de la FIFA ne serait pas du tout à l’ordre du jour pour le président du PSG. « Nasser n’a absolument aucune ambition, aucune intention, aucun intérêt pour le poste à la FIFA, et il continuera à soutenir discrètement toutes les institutions du football mondial et européen ». Affaire classée.