Pour son entrée en lice à la Coupe du Monde 2026, l'équipe de France doit se frotter au Sénégal ce mardi soir. A quelques heures du coup d'envoi de cette rencontre, Emmanuel Petit est revenu sur le fiasco des Bleus face au Lions de la Teranga en ouverture du Mondial 2002.

Ce mardi soir, l'équipe de France va jouer son tout premier match à la Coupe du Monde 2026. Les Bleus de Didier Deschamps ayant rendez avec le Sénégal au MetLife Stadium de New-York. Pour l'occasion, Emmanuel Petit a été interrogé par Onze Mondial sur la contre-performance des Tricolores face aux Lions de la Teranga au Mondial 2002 (défaite 1-0 le 31 mai en Corée du Sud). « Contre le Sénégal, ressentiez-vous que vous étiez l'équipe à battre ? Quand on connaît l'histoire qui existe entre la France et le continent africain, et la cohabitation ou l'amitié entre les joueurs des deux équipes, on sait qu'on est attendus. En tant que champions du monde et d'Europe en titre, on était l'équipe à battre. Le Sénégal voulait frapper un grand coup. C'est un peu l'image d'un lion ou d'un gorille qui veut prendre la place du chef. On a senti dès les premières minutes qu'ils n'étaient pas là pour défendre, mais pour nous faire mal. Chaque duel individuel était un combat pour gagner sa zone. Le jour du match, il faisait très chaud avec plus de 80 % d'humidité. Morphologiquement, les joueurs africains avaient de meilleures dispositions que nous pour affronter cette chaleur. Ce match a été un calvaire. Dès que tu faisais un sprint, l'air te brûlait la gorge et les narines. Après 10 minutes intenses, tu transpirais comme pas possible, le maillot était essoré. À la mi-temps, en dehors de l'hydratation, beaucoup de joueurs étaient allongés par terre, les jambes en l'air, les chaussettes baissées, totalement assommés par la chaleur », a confié l'ancien international français.
«Si tu accumules les erreurs, il ne faut pas s'étonner de la sanction»
Dans la foulée, Emmanuel Petit a fait son mea culpa. « Vous êtes directement impliqué sur le but sénégalais inscrit par Papa Bouba Diop. Racontez-nous cette action. Le ballon tape sur Fabien Barthez, me rebondit dessus, et arrive sur Papa Bouba Diop qui le propulse au fond des filets. Je ne crois pas à la malchance ou à la chance, je laisse cela aux romantiques. Les choses arrivent parce qu'elles doivent arriver. Si tu accumules les erreurs, il ne faut pas s'étonner de la sanction. On savait qu'il fallait surveiller le Sénégal comme le lait sur le feu car ils avaient de grands talents offensifs, notamment Diouf. Quand tu vois un joueur marquer un but en taclant, c'est la preuve qu'ils avaient les crocs. Leur abnégation et leur volonté ont été récompensées », a ajouté l'actuel consultant de RMC Sport, avant de poursuivre.
«C'est un match qu'on aurait dû remporter»
« Comment s'est passée la suite du match sur le plan offensif pour la France ? Même si les Sénégalais ont montré beaucoup de fierté et de combativité, il faut avouer qu'on a eu énormément d'occasions. On a manqué de chance et de précision : on tape les barres, les poteaux, leur gardien sauve des ballons je ne sais combien de fois. Globalement, c'est un match qu'on aurait dû remporter. Mais au final, quand tu commences une Coupe du Monde de la pire des manières, on sait à quel point le premier match est crucial pour la suite. Que se passe-t-il dans le vestiaire juste après le coup de sifflet final ? C'est le silence. Il n'y a pas d'abattement, mais on sent une équipe épuisée. Très peu de personnes parlaient, tout le monde était plongé dans une forme de méditation ou déjà tourné vers le prochain match. On rentre au camp de base et on fait en sorte de se lever le lendemain matin avec un esprit positif et combatif. On s'est dit qu'on avait pris un coup, qu'on avait un genou à terre, mais qu'on n'était pas éliminés. On se raccrochait aux quatre ou cinq années écoulées en se disant qu'on était capables d'un sursaut d'autorité si tout le monde arrivait à s'unir. Personnellement, juste avant la compétition, quand j'ai vu la blessure de Robert Pirès, puis celle de Zizou qu'on n'aurait jamais dû faire jouer contre la Corée, je me suis dit : "Aïe, ça va être compliqué" », a conclu Emmanuel Petit (55 ans).