Président de la FIFA, Gianni Infantino a présenté le « FIFA Forward Enterprise ». Une proposition qui permettrait à l’instance du football mondial d’ouvrir son capital à des investisseurs privés afin de développer financièrement le modèle et de faire circuler l’argent. De quoi engendrer une vague de mécontentement chez les Fédérations et au sein même de la FIFA avec la démission du conseiller principal du patron. L’UEFA a déjà communiqué en adoptant une position drastique.

« FIFA Forward Enterprise est en réalité une proposition, une offre. Elle s’inscrit dans un processus démocratique, un processus de consultation. Et surtout, c’est une opportunité, pas une obligation ». Cette semaine, Gianni Infantino a choqué le monde du football. Le président de la FIFA, en poste depuis février 2016, a une nouvelle idée de développement après la Coupe du monde des clubs et le Mondial à 48 sélections : une vente des parts de la Coupe du monde pour permettre de « commercialiser et d’organiser toutes les compétitions détenues par la FIFA ainsi que le sponsoring, la diffusion, les licences et de nouveaux projets, au profit de 211 associations membres de la FIFA libérant ainsi une valeur commerciale jusqu’alors inexploitée. Renforcer l’aspect commercial du football est la suite logique de cette évolution ». Un projet financier auquel peu de personnes adhèrent.
Le bras droit de Gianni Infantino démissionne en signe de contestation
A commencer par Carlos Cordeiro. Ce vendredi, le conseiller principal de Gianni Infantino a annoncé sa démission « avec effet immédiat » dans l’optique de dénoncer le projet de la FIFA pour la création d’une filiale commerciale afin de donner accès au capital à des investisseurs privés. Mais ce n’est pas tout. L’UEFA, présidée par Aleksander Čeferin, s’est également opposée à cette proposition d’Infantino par l’intermédiaire d’un communiqué publié jeudi. « L’UEFA et ses 55 fédérations membres parlent d’une seule voix. Nous rejetons à l’unanimité et sans équivoque la proposition de la FIFA visant à céder des parts de propriété de la Coupe du monde et d’autres compétitions de la FIFA à des investisseurs privés ».
L’UEFA a donné sa réponse à la FIFA : «La Coupe du monde n’est pas à vendre»
« La Coupe du monde ne peut être considérée comme un produit d’investissement. Elle constitue l’un des plus grands héritages sportifs du football. Elle a été bâtie au fil des générations par les joueurs, les équipes nationales et les supporters de tous les continents. Aucune partie de celle-ci ne doit jamais être cédée à des investisseurs privés. La Coupe du monde n’est pas à vendre ».
Dans le communiqué de l’instance phare du football européen, on peut également lire ses plaintes au sujet du modèle économique proposé par la FIFA qui va à l’encontre de ses valeurs. « Ce modèle n’a pas sa place dans le football mondial. L’avenir du football ne peut être dicté par les attentes de ceux dont la priorité est de maximiser le rendement financier. Les intérêts des fédérations nationales, des ligues, des clubs, des joueurs et des supporters ne peuvent pas non plus être subordonnés aux rendements des investisseurs. Le football ne peut hypothéquer son avenir au profit d’un gain financier ».
«Aucune équipe nationale de l’UEFA ne participera à aucune compétition de la FIFA tant que ces propositions resteront d’actualité»
Pour finir, l’UEFA a clairement menacé le président de la FIFA. Si Gianni Infantino décidait d’aller au bout de ce projet, aucune des 55 nations européennes ne prendrait part à une compétition organisée par l’instance numéro une du football mondial et donc la Coupe du monde 2030. « La position de l’Europe est claire. Nous n’accorderons jamais notre légitimité à ce modèle. Personne n’a l’autorité morale de vendre ce dont il n’est que le dépositaire pour la prochaine génération. À la suite de la discussion d’aujourd’hui, aucune équipe nationale de l’UEFA ne participera à aucune compétition de la FIFA tant que ces propositions resteront d’actualité, à moins que celles-ci ne soient abandonnées dans leur intégralité et que des garanties fermes ne soient données quant au fait que la FIFA n’ouvrira plus jamais sa gouvernance ou ses compétitions à la propriété privée ». Que ce soit l’équipe de France, l’Espagne championne du monde en titre et toutes les autres sélections du Vieux Continent, aucune d’entre elles ne serait au rendez-vous…