Le président de la FIFA prend cher après la Coupe du Monde marquée par les scandales : «C'est un système pourri jusqu'à la moelle»
Bernard Colas -
Journaliste
Passionné de sport, de cinéma et de télévision (à l’écran comme derrière) depuis son enfance, Bernard est journaliste pour le 10 Sport depuis 2018. Plus habile clavier en main que ballon au pied, il décide de couvrir principalement un sport adulé, critiqué et détesté à la fois (le football) et un sport qui n’en est pas un (le catch).

À la tête de la FIFA depuis 2016, Gianni Infantino est loin de faire l’unanimité, et cette dernière Coupe du monde en Amérique du Nord n’a pas arrangé son cas. Après le sacre de la Roja, le président de la Liga Javier Tebas s’en est pris au dirigeant.

C’est une Coupe du monde marquée par plusieurs polémiques qui a pris fin dimanche soir au MetLife Stadium, avec le sacre de l’Espagne. Les critiques n’ont pas manqué, notamment contre Gianni Infantino. Dans des propos accordés à la Gazzetta dello Sport, Javier Tebas, à la tête de la Liga, n’a pas mâché ses mots en évoquant le président de la FIFA.

« Ici, les stades étaient climatisés ; j'ai même dû mettre un pull en tribunes »

« La FIFA organise les choses comme bon lui semble, pour ses propres intérêts, et certainement pas pour le bien du football, a dénoncé le président de la Liga, rapporté par RMC. Si elle a besoin d'une pause de 27 minutes à la mi-temps, elle l'impose. Les pauses fraîcheur sont un mensonge. Nous en avons en Liga, mais seulement lorsqu'il fait vraiment chaud. Ici, les stades de Dallas, Los Angeles et Atlanta étaient climatisés ; j'ai même dû mettre un pull en tribunes. C'était un mensonge, c'est une pause pour la publicité. Et puis, il y a eu le cas Balogun. C'est la preuve que nous sommes régis par une institution qui fait et décide ce qu'elle veut, quand elle veut, en ne suivant que ses propres intérêts, sans prendre en compte — je ne parle même pas de consulter, attention — le reste du monde du football. Et bien souvent, elle agit au détriment de ce même football. »

« Son temps est révolu »

Pour Javier Tebas, la réélection de Gianni Infantino en mars 2027 fait peu de doute. « Le système compte des complices actifs qui collaborent à ce genre de décisions, et des complices passifs qui gardent le silence, ne s'expriment pas et ne font rien pour empêcher que certaines choses ne se reproduisent. Ils critiquent le système autour d'un café ou lors de conversations privées au téléphone, mais ne font rien pour y mettre un terme. La suspension de la sanction infligée au joueur américain était une affaire gravissime. Ils ont eu de la chance que la Belgique élimine les États-Unis (4-1), car sinon, on aurait pu se retrouver face à une situation susceptible de coûter son poste à Infantino. Comme la Belgique a gagné, ils ont réussi à étouffer l'affaire. Mais ce ne sont là que la partie émergée de l’iceberg », poursuit l’Espagnol, estimant que le président de la FIFA doit laisser la place, sans y croire : « À mon avis, oui, je pense que son temps est révolu. Cela dit, il bénéficie du soutien du système, des fédérations, il n'y a donc pas grand-chose à ajouter, n'est-ce pas? Il n'y a pas de candidat d'opposition: personne ne veut se présenter juste pour perdre. C'est le système, et c'est un système pourri jusqu'à la moelle. Il ne devrait pas rester, mais la situation actuelle fait qu'il ne partira pas. Ces derniers jours, ici en Amérique, j'ai entendu beaucoup de gens s'opposer à Infantino et désapprouver ce qu'il fait. Ils le disent, mais ils n'agissent pas. Je ne sais pas ce qui est pire: le silence ou la complicité, car ceux qui se taisent sont parfaitement conscients des dégâts que subit le football. »

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