Cette semaine, Mélina tacle un OL loin d'être européen. Elle voit dans cette qualification lyonnaise alambiquée pour les huitièmes de finale de la Ligue des champions un signe de mauvais présage voire la fin d'un cycle?

Evidemment, en tant que supporters du football français, nous retiendrons plutôt la victoire de l’Hapoël Tel Aviv qui permet de propulser Lyon parmi les 16 meilleures équipes européennes. Mais, dans l’analyse, nous ne pouvons pas occulter cette bien triste défaite lyonnaise sur la pelouse de Schalke 04. Elle en dit long sur les tourments Rhodaniens. En effet, au regard du non match de la troupe à Aulas, les joueurs ayant été plus saltimbanques que valeureux compétiteurs, il y a de quoi s’inquiéter…
L’OL a une longue épopée européenne… Cela fait 10 ans que les Gones se sont installés sur la scène internationale sans vraiment être des enfants de la balle. Il y a derrière cela du travail, de l’ambition et l’acharnement d’un homme, J-M Aulas, qui a toujours su composer avec ses artisans pour faire exister l’OL dans la cour des grands. Mais cette longue épopée ne semble pas interminable…
Pendant 10 ans, un mélange d’espoir et de talent nous permettait d’envisager les chances lyonnaises d’accéder au titre suprême. Aujourd’hui il en reste si peu… En 2004, il me semble que c’était l’année pour « faire quelques chose » ! L’OL avait été éliminé en ¼ de finale face au FC Porto, équipe qui avait battu ensuite l’AS Monaco de Didier Deschamps en finale… L’OL était très fort à cette époque. Il comptait dans ses rangs le Maestro Coupet, le pitbull Essien, le technicien Juninho, et le jeune virevoltant Malouda. Les facilités étaient individuelles, la maîtrise collective, et la régularité une marque de fabrique. Ce Lyon était heureux et sans complexe.
La saison dernière, l’OL y a cru… Atteindre le dernier carré pouvait laisser imaginer une éventuelle consécration.On disait qu’il y avait deux OL. Celui de Ligue 1 qui peinait assez fréquemment en championnat. Et celui de C1 qui arrivait encore à se transcender et sortir ses griffes dans les matchs à enjeu, à l’image de l’indomptable Makoun qui a inscrit avec hargne le but de la victoire contre le Real Madrid. Mais cette ½ finale était un leurre de réussite lyonnaise. D’ailleurs le Bayern Munich l’avait surclassé à cette étape de la compétition. Le talent s’était estompé et la maîtrise dissoute dans un collectif titubant…
Et puis cette année, le constat est clair… Il ne s’agit pas de « l’année de plus », celle entremêlant expérience et réussite, celle qui mènera l’OL à son but ultime. C’est l’année de trop ! Cette équipe n’est que l’ombre d’elle-même, son inconstance est flagrante et son jeu trop limité. Le Lyon dominical est peut être même plus apprêté que le Lyon enfantin du mercredi. Le jour du seigneur, il joue au moins une mi-temps sur deux (cela été le cas à Lens dimanche dernier en championnat). L’OL n’a plus la stature européenne. D’abord, il n’est plus capable de s’illustrer tous les trois jours avec des joueurs cadres émoussés comme Toulalan, Gourcuff ou encore Lisandro. Ensuite, la force collective n’est plus… Pour preuve, le manque cruel d’abnégation lorsque Cissokho reste contemplatif du but d’Huntelaar (sur la deuxième réalisation allemande) tandis que ses coéquipiers sont à la rue. Déjà que le jeu en mouvement est défaillant quand Lyon a le ballon, si les joueurs ne font plus les efforts et ne sont plus mentalement préparés à courir les uns pour les autres lorsqu’ils en sont privé, cela s’annonce particulièrement rude.
Le seul joueur qui tente de survivre dans cet effectif, Lloris, a lâché pendant ce match un : « putain, réveillez-vous ! ». Exclamation courte mais témoignant d’un ras le bol symbolique dans la bouche du discret portier lyonnais. Seul au monde, derrière une défense inexistante, les hommes de champ réussissent à le faire sortir de ses gongs c’est vous dire si le mal être est profond. Gagner en ayant mal joué c’est parfois la marque d’un potentiel champion de France. Mais se qualifier en LDC en perdant et en comptant sur un coup du chapeau 4, ce n’est pas l’apanage d’un couronnement européen. Du moins j’en doute…
Pour conclure, je me dis que ceux qui conseillaient à l’AJ Auxerre de se laisser éliminer de leur groupe de la mort pour se concentrer sur le championnat, auraient du réagir plus tôt et inciter les lyonnais à se laisser gentiment reverser en Ligue Europa. Lyon aurait ainsi pu continuer à rêver à une coupe européenne… Quoi que cela signifierait que l’OL est supérieur à la Juve, à Liverpool, à Dortmund, à Villareal, au FC Porto, ou encore au PSG ! Et c’est loin d’être évident…On en aura une réponse plus précise ce dimanche.