La Coupe d’Afrique des nations avait pourtant rendu son verdict le 18 janvier dernier dans une ambiance électrique en raison d’une évacuation du terrain du Sénégal en plein match suite à un penalty accordé au Maroc après intervention de la VAR alors que le même outil avait annulé un but des Lions de la Teranga quelques minutes plus tôt. De retour sur le terrain, le Sénégal avait inversé la tendance (1-0), mais s’est fait rattraper par les instances du football africain qui a fait du Maroc le champion d’Afrique malgré la défaite. Un scandale derrière lequel Gianni Infantino pourrait être lié…

Irréel. Près de deux mois après le coup de sifflet final des prolongations de la Coupe d’Afrique des nations entre le Maroc et le Sénégal, les Lions de la Teranga ayant pris le meilleur sur les locaux à Rabat grâce à un boulet de canon de Pape Gueye, le jury d’appel de la Confédération africaine de football a rendu un verdict qui a eu l’effet d’un séisme dans la sphère médiatique. Mardi soir, alors que certaines équipes engagées en Ligue des champions validaient leur billet pour les quarts de finale comme le PSG, les deux coéquipiers Ibrahim Mbaye (Sénégal) et Achraf Hakimi (Maroc) apprenait l’incroyable nouvelle. « Le jury d’appel de la Confédération africaine de football (CAF) a décidé, en application de l’article 84 du règlement de la Coupe d’Afrique des nations CAF (CAN), de déclarer l’équipe nationale du Sénégal forfait lors de la finale de la TotalEnergies CAF Coupe d’Afrique des Nations Maroc 2025, le résultat étant homologué sur le score de 3-0 en faveur de la Fédération royale marocaine de football (FRMF) », voici une partie du communiqué de la CAF.
«Il y avait des circonstances, et des circonstances atténuantes»
Une décision qui ne frôle pas le scandale, mais qui l’est tout bonnement selon Alain Giresse. L’ancien international français ayant notamment été le sélectionneur du Sénégal entre 2013 et 2015 a poussé un coup de gueule auprès d’Eurosport sur le processus de décision du jury d’appel de la CAF deux mois après les faits. « Le délai qu'il a fallu pour arriver à cette décision, vous imaginez ? Et puis, je trouve cela scandaleux. C'est dur, ça remet beaucoup de choses en cause. D'accord, il y a le règlement, oui les joueurs sénégalais ont quitté le terrain mais après il y a le contexte. Et il faut se rappeler de tout ce qu'il pouvait y avoir, l'histoire de la serviette et plein de paramètres qui font qu'à un moment donné le bon sens fait qu'on ne peut pas rester bêtement sur le règlement. Il y avait des circonstances, et des circonstances atténuantes ».

«Je pense que ça vient aussi d'en haut et que Gianni Infantino n'est pas innocent à tout cela»
Alain Giresse est même allé plus loin au micro d’Eurosport. Selon lui, alors que Gianni Infantino se trouvait dans les tribunes du stade Prince Moulay Abdellah, le patron de la FIFA n’est pas étranger à ce revirement de situation après un match de football inédit dans l’histoire du ballon rond. « On dit toujours que les pays hôtes sont avantagés. Mais le problème, c'est aussi l'arbitrage. Face à des situations, certains ont du mal à gérer la pression que représente le fait d'arbitrer le pays organisateur. C'est un fait. Alors après, le Maroc, par vexation, a aussi refusé d'organiser la Coupe d'Afrique féminine. Jusqu'à quel point, on a voulu rattraper le coup pour le Maroc ? Moi, je pense que ça vient aussi d'en haut et que Gianni Infantino (ndlr : président de la FIFA) n'est pas innocent à tout cela. Selon moi, il est intervenu pour ça. Mais, alors pourquoi tout d'un coup permettre à l'un plus qu'à l'autre ? ».