En cette trêve internationale, l’équipe de France se trouve aux Etats-Unis pour disputer ses matchs amicaux. Un avant-goût de ce à quoi on aura le droit cet été à l’occasion de la prochaine Coupe du monde. Quelques habitudes ont alors été changées et elles ne font toutefois pas l’unanimité. C’est le cas notamment auprès de Bixente Lizarazu, qui a exprimé publiquement son opposition.

Le football tel qu’on le connait va connaitre quelques changements à l’occasion de la prochaine Coupe du monde. On a d’ailleurs pu les voir à l’occasion de la dernière rencontre de l'équipe de France face au Brésil. Il y a notamment eu ces pauses fraicheur qui coupent les mi-temps en deux. Mais ce n’est pas tout… Tout cela ne plait toutefois pas à Bixente Lizarazu. Et pour L’Equipe, le champion du monde 98 a poussé un coup de gueule sur ce football modifié pour plaire aux Américains.
« Le foot, pour moi, ce n'est pas ça »
« Ici, aux États-Unis, le sport se vit différemment, comme un spectacle où le match ne semble pas suffisant pour garder l'attention du spectateur. Autour et pendant la rencontre, il y a aussi des animations sonores ou visuelles, une grosse organisation pour pouvoir se restaurer. La "cooling break" semble entrer dans cette logique de morcellement et de recherche permanente de l'attention du spectateur. Le foot, pour moi, ce n'est pas ça. C'est un temps et un rythme précis, de deux fois 45 minutes, qu'il faut sacraliser. On ne doit pas modifier l'esprit du football ni son timing de jeu, sous prétexte d'aller dans un pays qui a une autre approche du spectacle sportif. La pause "fraîcheur", qui est une pause publicitaire déguisée, n'est pas une obligation physiologique. J'ai le souvenir d'avoir disputé des matches dans des conditions très chaudes, dans le couloir opposé au banc de touche. Je plaçais une bouteille et je buvais à chaque interruption... Avec un peu d'intelligence, on peut facilement trouver d'autres solutions pour s'adapter à la chaleur. Et puis, cette pause entraîne certains problèmes : elle casse le rythme et modifie la stratégie, ce qui peut nuire gravement à la dramaturgie qui fait l'essence de ce sport », a lâché dans un premier temps Bixente Lizarazu.

« Personne n'a expliqué à Pelé, Maradona ou Zidane comment jouer au football »
Le désormais consultant sur TF1 ne s’est pas arrêté là, allant ensuite jusqu’à utiliser Zinedine Zidane pour appuyer ses propos : « L'instauration des cinq remplacements m'avait déjà déplu parce que ces évolutions renforcent la toute-puissance de l'entraîneur. Il ne faut pas que les joueurs deviennent de simples pions dans un jeu d'échecs, des robots au service de la stratégie de l'entraîneur, comme au football américain. Je ne veux pas que le football devienne le foot US. La tactique a toujours eu une place importante au football, bien entendu, mais il ne faut pas enlever au joueur ce qui est beau chez lui : sa spontanéité, sa créativité et sa liberté. Personne n'a expliqué à Pelé, Maradona ou Zidane comment jouer au football, et leurs dribbles, leurs inspirations ont fait la légende de ce jeu. Aujourd'hui, ce que j'aime, c'est regarder un joueur comme Michael Olise parce que j'ai l'impression qu'il casse les codes du football moderne, qu'il est incontrôlable, libre. Il joue en fonction de ce qui se passe dans sa tête et nous embarque dans ses inspirations. Il entretient l'idée que le football doit appartenir un peu plus aux footballeurs et un peu moins aux entraîneurs ».