Cyclisme : « Comme si Pogacar roulait pour Cofidis », l'idée forte pour relancer l'intérêt des courses
Alexandre Higounet

Alors que le cyclisme mondial est ultra dominé par Tadej Pogacar et son équipe UAE Team Emirates, dont les moyens financiers sont telles qu'elle peut s'acheter les meilleurs coureurs du monde pour épauler son leader, l'intérêt des courses en pâtit fatalement, le résultat final étant souvent connu avant le départ. Pour remédier à ce rapport de force trop déséquilibré, Jonathan Vaughters, le patron d'EF Education First, milite pour une nouvelle règle qui révolutionnerait le système.

Cela fait au moins un an que certains coureurs ou directeurs sportifs expliquent que la domination de Pogacar et de l'équipe UAE Team Emirates est telle que lorsque le Slovène est au départ des courses, le reste du peloton court pour la deuxième place. Un tel déséquilibre n'est pas sans nuire à l'intérêt des compétitions, que ce soit pour les coureurs ou le public.

« Pogacar pourrait toujours empocher ses 10 millions d'euros par an, mais le reste de l'équipe devra coûter le minimum »

Conscient de cette réalité, Jonathan Vaughters, le patron de la formation EF Education First, milite pour l'instauration d'une nouvelle règle de salary cap dans le cyclisme, obligeant chaque équipe à ne pas dépasser une masse salariale fixe pour l'ensemble de son effectif, un moyen de rééquilibrer un peu les forces en présence. A l'occasion de sa participation au Cycling Performance Podcast, Vaughters a ainsi expliqué, dans des propos relayés par cyclinguptodate.com : « Je ne sais pas si la domination de Pogacar est forcément bénéfique pour le cyclisme, mais il est intéressant d'observer l'impact d'un tel changement. Avec cette nouvelle règle, Pogacar pourrait toujours empocher ses 10 millions d'euros par an, mais le reste de l'équipe devra se contenter du minimum. Un peu comme si Pogacar roulait pour Cofidis ».

« Aujourd'hui, on a le coureur le plus fort dans la meilleure équipe, cela devient trop prévisible »

Pour Vaughters, un tel rééquilibrage permettrait de relancer l'intérêt des courses : « On assistera alors à une course intéressante et je me demanderai à nouveau qui va gagner. Aujourd'hui, on a le coureur le plus fort dans la meilleure équipe. Cela devient trop prévisible. On aspire à un sport différent, où l'on ne sait pas qui va gagner jusqu'au dernier moment. C'est ce que veulent les fans. Dans les Strade Bianche, on sait chaque année où Pogacar va attaquer. Imaginez maintenant que son équipe soit complètement démunie et qu’après son attaque, il doive d’abord rattraper une échappée de quarante coureurs ; c’est là que ça redevient vraiment intéressant ».

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