Vainqueur du Tour de France en 1988, Pedro Delgado a été interrogé sur la participation de Paul Seixas au Tour de France. Et si le champion espagnol croit le prodige français capable d'encaisser les trois semaines d'un point de vue physique, il se montre beaucoup plus sceptique d'un point de vue mental...

Vainqueur du Tour de France en 1988, Pedro Delgado fait partie des grands coureurs des années 80, et il connaît parfaitement la problématique d'un favori sur les trois semaines de la Grande Boucle. Interrogé par le média espagnol RTVE, dont il est l'un des consultants, Delgado s'est montré plutôt sceptique sur la participation de Paul Seixas au Tour de France, pas tant d'un point de vue physique que mental.
« Courir le Tour de France sans pression est illusoire »
Pedro Delgado a ainsi analysé dans des propos rapportés par cyclinguptodate.com : « Courir sans pression est illusoire. Il va courir sous une pression énorme. Son équipe lui dira peut-être de rester calme, mais c'est le Tour, la course de rêve. Tout le monde parle de vous, tout le monde vous encourage, vous vous voyez proche des meilleurs coureurs… vous serez forcément entraîné dans la course. Dix-neuf ans, je trouve ça très jeune. Physiquement, je pense qu'il en est capable. Mentalement, il me semble très concentré, mais cette idée de courir sans pression, je ne sais pas si c'est vraiment le cas. Je pense qu'il fera une très bonne première semaine, et ensuite on verra pour la deuxième et la troisième. La routine, la monotonie des courses au quotidien. C'est une véritable bombe à retardement pour un coureur. La première semaine, c'est l'excitation, la deuxième, la fatigue commence à se faire sentir, et à la troisième, on a l'impression de mourir ».
« Ce qui m'inquiète pour un coureur comme Seixas, ce sont les conséquences que cela pourrait engendrer »
Et pour Delgado, le grand danger serait que Seixas brise la spirale de confiance dans laquelle il est actuellement en allant trop vite sur le Tour de France : « Ce qui m'inquiète pour ce type de coureur, ce sont les conséquences que cela pourrait engendrer, ce souvenir amer d'une course de trois semaines qui pourrait lui faire perdre confiance en lui, une confiance actuellement à son comble. Pour moi, l'idéal aurait été de participer au Tour d'Espagne. On y découvre ce qu'est une course de trois semaines, on court sans pression, on s'habitue au rythme et on comprend ce que ça fait d'arriver à bout de forces lors de la dernière semaine. C'est vrai que pour un coureur français, participer au Tour est le rêve ultime, mais je pense qu'il devrait attendre pour ne pas en garder un mauvais souvenir. S'il était espagnol, italien ou allemand, il pourrait probablement courir sans cette pression. Mais étant français, avec le besoin du pays d'avoir un champion, courir sans pression est tout simplement impossible ».