Contrôle anti-drogue à la WWE : Ce catcheur a enchaîné les tests positifs, «j'ai payé tellement d'amendes que j'aurais pu m'acheter une voiture neuve»
Bernard Colas -
Journaliste
Passionné de sport, de cinéma et de télévision (à l’écran comme derrière) depuis son enfance, Bernard est journaliste pour le 10 Sport depuis 2018. Plus habile clavier en main que ballon au pied, il décide de couvrir principalement un sport adulé, critiqué et détesté à la fois (le football) et un sport qui n’en est pas un (le catch).

Pour surveiller les substances illicites consommées par ses talents, la WWE, la première compagnie de catch au monde, a instauré au début des années 2000 une politique antidrogue stricte. Les stars de l’organisation étaient ainsi menacées d’une amende et/ou d’une suspension en cas de contrôle positif, ce qui n’a pas refroidi tout le monde.

Au milieu des années 2000, la WWE a adopté une politique antidrogue stricte peu après la mort d’Eddie Guerrero, victime en 2005 d’une crise cardiaque à l'âge de 38 ans. Une tragédie qui a mis en lumière les dangers potentiels associés à l'abus de substances dans le milieu du catch. Avec ce nouveau système, l’organisation, déjà au cœur d’un scandale lié à la prise de stéroïdes quelques années auparavant, a décidé de surveiller les produits consommés par ses talents, soumis à des tests réguliers et inopinés de dépistage de drogues. Certains ont toutefois fait de la résistance.

« J’ai payé suffisamment d’amendes pour pouvoir m’acheter une nouvelle voiture »

C’est le cas de Montel Vontavious Porter (MVP), présent au sein de la WWE entre 2006 et 2010 avant de revenir au début de l’année 2020, assumant sa consommation de cannabis tout au long de sa carrière. « J’ai payé suffisamment d’amendes pour pouvoir m’acheter une nouvelle voiture, a-t-il ironisé lors d’une conversation avec Rob Van Dam, rapportée par le site Ringside News. Je fumais de l’herbe depuis que j’avais 13 ou 14 ans. Et au départ, quand ils ont lancé le programme de bien-être, l’herbe n’était pas incluse, il n’y avait que les pilules et les drogues dures. Je me souviens très bien de la réunion où Stephanie McMahon (dirigeante à l’époque) a dit : “Écoutez, si vous êtes contrôlés positifs, pas de problème. On ajoute l’herbe à la liste maintenant”, parce que tous les accros aux pilules se plaignaient : “Pourquoi ils peuvent fumer de l’herbe et nous, on ne peut pas prendre de pilules ?” Et Stephanie a répondu : “Écoutez, on ajoute le cannabis à la liste maintenant, mais ça n’entraîne pas de suspension. Si vous êtes contrôlé positif, vous payez une amende de 1 000 dollars, et il n’y a pas de problème avec la direction, tout va bien.” Et je me suis dit : “D’accord”. »

« Je leur ai dit : “Je peux juste donner un chèque de 12 000 dollars et on est quittes ?” »

Bien déterminé à poursuivre sa consommation malgré les sanctions financières encourues, MVP a voulu prendre les devants. « Je me souvenais de Derrick Coleman, des New Jersey Nets, quand ils avaient une règle selon laquelle l’équipe devait voyager en costume. C’était la règle pour les déplacements. Et DC est allé voir le coach et lui a simplement donné un chèque en blanc, et le tour était joué », raconte l’ancienne star de la WWE, qui a donc fait de même en approchant ses dirigeants : « Je leur ai dit : “On passe un test une fois par mois, c’est ça ? Et si tu es positif… ça fait 12 fois par an. Je peux juste donner un chèque de 12 000 dollars et on est quittes ?” Et on en a ri. » Un compromis qui a eu ses limites.

« Quelques mois plus tard, ils ont complètement changé leur politique, s’est souvenu l’ancien champion des États-Unis à la WWE. C’était du genre : “Hé, petit, c’est la cinquième fois que tu es contrôlé positif au cannabis. On en a plein comme toi.” Je répondais : “Tu avais dit qu’il n’y avait pas de problème si on fumait. C’est quoi ce bordel ?” Je me souviens ensuite que Joseph Maroon (ancien médecin à la WWE) a réuni tout le monde et a dit : “Comme les 1 000 dollars n’ont empêché personne de fumer, nous augmentons l’amende à 2 500 dollars.” Et il a spécifiquement ajouté : “Je veux que vous sachiez une chose : nous n’essayons pas de vous piéger. Ce n’est pas ce que nous cherchons à faire. Mais à compter de maintenant, la nouvelle amende est de 2 500 dollars”. »

La WWE a assoupli ses contrôles

Malgré la note salée, MVP reconnaît avoir mis du temps avant de se résoudre à stopper sa consommation jusqu’à la fin de sa première aventure au sein de la compagnie de catch. « Moi, Randy Orton et Evan Bourne, on en plaisantait souvent. On comparait nos notes pour voir qui était en tête au niveau des amendes. Je crois que j’avais environ 11 000 dollars, poursuit-il. Et puis, quand ils ont commencé à infliger des amendes de 2 500 dollars, ils m’ont pris encore deux fois, et j’ai dit : “Bon, d’accord. Vous m’avez eu. J’arrête.” » La WWE a depuis retiré le cannabis de sa liste de substances interdites : « Comme c’est (la marijuana) de plus en plus légalisé, ils l’ont en quelque sorte acceptée. Avant, la marijuana figurait sur la liste des drogues, mais ils l’ont retirée il y a quelques années. Donc, quand je rentre chez moi le samedi, je fume un peu, je me détends toute la journée, puis je retourne à la salle de sport le dimanche. Du dimanche au mercredi, je m’entraîne… »

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