Roland-Garros : Une légende calme tout le monde pour Moïse Kouame !
Arthur Montagne -
Journaliste
Affamé de sport, il a grandi au son des moteurs de Formule 1 et des exploits de Ronaldinho. Aujourd’hui, diplomé d'un Master de journalisme de sport, il ne rate plus un Grand Prix de F1 ni un match du PSG, ses deux passions et spécialités

Du haut de ses 17 ans, Moïse Kouamé a déjà marqué les esprits à Roland-Garros après avoir éliminé Marin Cilic en trois sets lors du premier tour (7-6, 6-2, 6-1). Une performance qui fait énormément parler, mais Mats Wilander a toutefois appelé au calme, rappelant que par le passé, le tennis français a vu plusieurs belles performances qui n'ont pas donné lieu aux carrières attendues.

En l'absence du numéro 1 français Arthur Fils, Roland-Garros ne s'attendait probablement pas à vibrer pour l'exploit d'un tricolore. Et pourtant, du haut de ses 17 ans, Moïse Kouamé a offert le premier frisson de la quinzaine au public parisien en dominant Marin Cilic en trois sets (7-6, 6-2, 6-1). Une démonstration pour le jeune français qui remporte son premier match en Grand Chelem, et il est désormais très attendu. Un changement de dimension qui ne sera pas facile à assumer et auquel on notamment été confronté plusieurs de ses aînés comme Jo-Wilfried Tsonga, Gaël Monfils, Richard Gasquet et Gilles Simon. D'ailleurs, Mats Wilander, très bien placé pour évoquer la précocité dans le sport de haut niveau puisqu'il a remporté Roland-Garros en 1982 à 17 ans, conseille à Moïse Kouamé de prendre ses distances avec l'emballement médiatique à son égard.

Mats Wilander calme l'enthousiasme autour de Moïse Kouamé

« Quoi qu'il se passe encore dans ce tournoi, son équipe et lui devront savoir prendre une bonne respiration dans la foulée, et surtout continuer à se concentrer sur le jeu et sur la progression, surtout pas sur le nouveau statut. Parfois, les observateurs en font trop et, selon sa perméabilité, c'est difficile pour le joueur de ne pas se croire arrivé. Je trouve que c'est un peu ce qui s'est passé pour Jo-Wilfried Tsonga, après sa finale à l'Open d'Australie 2008. On s'est tous dit, moi le premier : "Ce gars va gagner plusieurs titres en Grand Chelem, il est tellement bon et en plus il est venu battre Nadal au filet." Tsonga a eu une superbe carrière, mais il n'a pas décroché ce fichu Majeur », écrit-il dans sa chronique pour L'EQUIPE avant de poursuivre.

«Soyons prudents... Surtout en France»

« Soyons prudents... Surtout en France, où le tennis est quelque chose d'énorme. Apprenons de nos erreurs, qu'elles soient celles des joueurs, de la Fédération ou des médias. Le système fonctionne très bien dans ce pays, mais il n'a pas produit le très grand champion qu'on attend encore. Et on sait désormais que ce ne sera pas Gaël Monfils, et que ça n'a été ni Tsonga ni Richard Gasquet ni Gilles Simon non plus. Ces gars ont tous été entre la 5e et la 7e place mondiale, ce qui est immense dans un sport globalisé comme le tennis. Impossible de savoir jusqu'où ira Kouame. Comment saura-t-il gérer cette grande attention soudaine ? Peut-être très bien, comme Boris Becker en son temps. Est-ce que Moïse va lire et regarder ce qui s'écrit et se dit de lui ? Si oui, il va falloir l'accueillir tranquillement. Qu'il n'hésite pas à aborder ce sujet avec ses aînés : "Les gars, vous avez géré comment tout ça ?" En ce sens, pouvoir compter sur Richard Gasquet dans son équipe est une excellente nouvelle », ajoute Mats Wilander.

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