Le XV de France s’est fait peur face à l’Angleterre mais a réussi à remporter son deuxième Tournoi des Six Nations consécutif grâce à cette victoire décrochée dans les dernières secondes, sur une pénalité de Thomas Ramos. Fabien Galthié, sélectionneur des Bleus, raconte comment il a vécu les minutes qui ont suivi l’essai anglais à la 77e.

Samedi soir, le XV de France a remporté son deuxième Tournoi des Six Nations de suite après une fin de match irrespirable contre l’Angleterre (48-46). Un succès obtenu grâce à une pénalité de Thomas Ramos au niveau des 50 mètres, répondant à l’essai inscrit par le XV de la Rose à la 77e. Interrogé par Midi Olympique, Fabien Galthié est revenu sur cet incroyable scénario.
« Depuis sept ans, on travaille à l’entraînement sur des scénarios comme ça, sur ce minutage précis »
« Sur ce coup-là, on est à 77 minutes et trente secondes de jeu. Or, depuis sept ans, on travaille à l’entraînement sur des scénarios comme ça, sur ce minutage précis : un point d’écart, une décision à prendre, a raconté le sélectionneur du XV de France dans un entretien à paraître lundi. La situation, on l’a aussi rencontrée contre l’Afrique du Sud, en 2023. Du haut des tribunes, je me dis qu’il va se passer des choses et je me demande : "A-t-on appris de nos expériences passées ?" […] Matthieu Jalibert perce le rideau anglais, trouve Pierre-Louis Barassi, lequel a la possibilité de faire la passe sur un dos pour Théo Attissogbe, qui est alors seul au monde. Il fait le choix de garder et on arrive dans leurs 22 mètres. Il y a une première faute de Pollock, qui arrache le ballon à Thibaud Flament alors que notre joueur a les deux genoux au sol. Elle n’est pas sifflée mais aucun de nos joueurs ne lâche ou ne lève les bras au ciel, ce qui aurait pu envoyer un mauvais message à l’arbitre ».

« Gagner le Tournoi, c’est très dur ; mais le gagner à nouveau, ça l’est encore plus »
« Là, Pollock relance, est contré par Théo Attissogbe et on reprend la possession. Il y a alors une série de fautes anglaises, hors-jeu, plaquage haut, tête contre tête… Trois fois ! Pam, pam, pam ! Quand la faute est sifflée, je regarde Thomas, juste Thomas. Je le vois se retourner les bras levés, comme le golfeur qui frappe une bonne balle, poursuit Fabien Galthié. Et puis, je réalise : on a fait le back to back : gagner le Tournoi, c’est très dur ; mais le gagner à nouveau, ça l’est encore plus. Je n’ai pas d’effusion parce que je vis le moment en conscience. Quel bonheur, quand j’y repense. Je dis souvent à mes joueurs que je n’aime pas les voir trop célébrer les essais en cours de match. Qu’il est surtout important de célébrer à la fin. C’est ce qu’ils ont fait, samedi soir. Je les revois tous, au coup de sifflet final, les bras levés. »