Récemment, la décision de Pierre Mignoni de prendre un peu de retrait de ses fonctions de manager du RCT a énormément fait parler, lançant des débats sur la santé mentale des entraineurs de rugby. Certains semblent le comprendre et c’est notamment le cas d’un ancien sélectionneur, qui n’a pas vraiment vécu la meilleure période de sa carrière avec le XV de France.

Parfois, il faut savoir dire stop. Pour la première fois dans l’histoire du Top 14, un entraineur a annoncé avoir fait un burn-out et a pris la décision de se mettre en retrait. Et ce n’est pas n’importe qui, puisqu’il s’agit de Pierre Mignoni, l’un des managers les plus connus du rugby français, qui semble toutefois avoir réglé ses problèmes et est désormais retourné au travail avec le RCT.
« Pierre prenait très peu de vacances, peut-être deux ou trois jours an depuis dix ans »
Philippe Saint-André connait bien l’ancien demi de mêlée et au micro de RMC ce samedi, il a expliqué qu’il comprenait sa décision. « J’ai une grosse pensée pour lui. Je l’avais recruté à Toulon alors qu’il était à Clermont et je l’ai lancé en tant qu’entraineur, c’était mon adjoint. Le burn-out ça arrive à des joueurs, mais ça arrive aussi à des coachs, à un staff. Il y a une pression incroyable et on dit souvent que le Top 14, c’est un mangeur d’hommes parce que c’est onze mois sur douze. Pierre prenait très peu de vacances, peut-être deux ou trois jours an depuis dix ans » a expliqué l’actuel directeur du rugby de Provence Rugby, en Pro D2.

« Après la Coupe du monde 2015, je n'ai parlé à personne pendant 15 jours »
« Je sais qu’il va mieux et qu’il est revenu sur le terrain. Dans cette interview il s’exprime avec ses mots, mais cela m'a vraiment touché. Il faut faire attention et il faut savoir déléguer dans ce métier. Je n’ai pas vécu de burn-out, mais parfois c’était limite » a poursuivi Saint-André, revenant notamment sur une période compliquée de sa carrière d’entraineur, après le XV de France. « J'ai su à un moment donné faire des haltes et me regénérer. Mais ce qui est sûr, c’est qu’après la Coupe du monde 2015, je n'ai parlé à personne pendant 15 jours. Je n’ai pas pris mon téléphone et je n’ai parlé qu’à ma famille. C’est là que je comprends que certains coachs peuvent faire un burn-out ».