Présent au PSG depuis trois ans, Luis Enrique est encensé pour son management et ses idées de jeu. Christophe Urios, à la tête de l’ASM Clermont en rugby, fait partie de ceux qui sont séduits par le technicien espagnol. Dans un entretien accordé à Midi Olympique, il revient sur ses sources d’inspiration dans le monde du football.

A la tête de Clermont depuis 2023, Christophe Urios est l’une des personnalités fortes du rugby français. L’entraîneur de 60 ans se distingue notamment pour son franc-parler et ses causeries passionnées, une inspiration venue du monde du football et de plusieurs techniciens réputés, dont Luis Enrique, vainqueur à deux reprises de la Ligue des champions avec le PSG.
« Je trouvais que Luis Enrique était aligné avec ce qu’il était, et je trouvais ça top »
« Je trouve que Luis Enrique est quelqu’un qui, même quand il n’était pas très bien au début, quand il y a eu cette passation entre la gestion des très, très grands joueurs, où le joueur était presque au-dessus du collectif, a eu beaucoup de difficultés, résume Christophe Urios dans un entretien accordé à Midi Olympique. Il a été beaucoup critiqué. Et je trouvais qu’il menait sa barque et qu’il était vachement droit dans ses bottes, que ce soit dans ses prises de parole, dans ses relations avec les joueurs. Je trouvais qu’il était aligné avec ce qu’il était, et je trouvais ça top. Donc, moi, je me reconnais dans cela. »
« Celui qui me passionne le plus, c’est Diego Simeone, à l’Atlético de Madrid »
Luis Enrique n’est pas le seul à avoir inspiré Christophe Urios, qui a trouvé plusieurs modèles dans le football. « Celui qui me passionne le plus, c’est Diego Simeone, à l’Atlético de Madrid. Parce qu’il a une personnalité, il entraîne un club qui lui ressemble sûrement, il y a une vraie identité, j’aime ces personnages-là, qui incarnent quelque chose, en fait. On peut parler de Guardiola aussi : ce sont des mecs qui, par le jeu et par le foot, amènent la performance. Donc voilà, je suis intrigué par tout ça, confie l’ancien technicien de l’UBB. J’ai besoin de ça pour avancer, parce que ça me plaît. J’aime le foot parce que j’aime le sport en général. J’aime le foot parce que je trouve que c’est joli quand c’est bien joué. Mais, en même temps, j’adore aussi le foot quand les mecs défendent quelque chose. Je vais parler du Paraguay, par exemple, contre la France. Ils ont beaucoup été critiqués. Mais le Paraguay, ils n’avaient que ça à faire. Il fallait qu’ils nous prennent comme ça, sinon ils étaient incapables de gagner le match. Et finalement, ce n’est pas passé loin. J’aime l’Argentine aussi. Dans leur façon d’aborder le foot, il y a un patron qui est Messi, il y a des soldats tout autour, et les mecs sont prêts à tout. J’aime ce collectif sacré. Et je trouve qu’il y a des entraîneurs, des personnages qui incarnent parfaitement ça. Simeone en est un, Mourinho en est un aussi. Alors Mourinho a entraîné divers clubs, donc je trouve qu’il s’est un peu perdu, mais il incarne cela. »
« Ce qui m’inspire aussi, ce sont des gens qui sont des génies du jeu »
Christophe Urios partage également dans cet entretien les deux raisons qui le poussent à admirer ces entraîneurs de renom. « La première, c’est forcément de me rapprocher de ceux qui fonctionnent un peu comme moi, ou dans lesquels je me reconnais. C’est pour trouver de la confiance, reconnaît-il. La deuxième chose, c’est le côté bâtisseur, le côté culture, mentalité, qui me plaît beaucoup. Après, ce qui m’inspire aussi, ce sont des gens qui sont des génies du jeu : des génies techniciens, des génies tacticiens, comme Pep Guardiola ou Marcelo Bielsa. Je suis un peu moins comme ça. Et puis il y a ceux qui m’intriguent aussi, alors pas forcément dans le milieu du sport, mais qui pourraient être des coachs : ce sont des mecs qui veulent changer le monde, comme Elon Musk ou Jeff Bezos. »
Le natif de Montpellier n'oublie pas non plus de mentionner Jürgen Klopp, devenu sélectionneur de l'Allemagne après la Coupe du monde. « J’ai adoré, par exemple, le Liverpool de Jurgen Klopp, révèle Urios. Liverpool ne gagnait rien depuis des années, ils étaient à la ramasse. Il est arrivé, il disait : "on va regagner." Il a regagné. »
Lorsqu'il est interrogé sur la possibilité de rencontrer l'un des nombreux coachs mentionnés lors de l'entretien, Christophe Urios évoque deux noms en particulier, avec une question pour chacun : « Diego Simeone et Jurgen Klopp. Pour Simeone, pourquoi est-il aussi démonstratif sur le bord du terrain ? Ça, je n’arrive pas à comprendre. Quand tu as tout préparé, les mecs comprennent. Certains entraîneurs, et lui en fait partie, Arteta en fait partie, un peu moins Luis Enrique, un peu moins Klopp, passent leur temps à faire les cent pas, à crier, à diriger, à faire des grands gestes. Des fois je me dis : « Mais vous avez fait quoi la semaine ! ». Cela me surprend toujours. J’aimerais parler aussi avec Klopp, qui a une relation avec ses joueurs exceptionnelle. C’est le mec avec qui tu as envie de te battre pour lui, tous les jours, pendant des années... Ma question serait : comment créer cette relation si particulière et, surtout, comment la faire durer dans le temps. »