Le mardi 28 juillet 2026 restera un moment spécial pour Zinedine Zidane et tous les fans du Ballon d’or 98. Après Laurent Blanc et Didier Deschamps, l’équipe de France tient son troisième sélectionneur issu de France 98 : l’idole Zizou. Cependant, bien qu’il ait affirmé en conférence de presse que ce fut un rêve qui se réalisait mardi, ce n’était pas une idée qui l’animait pendant longtemps. Frédéric Hermel, proche de Zidane, assure qu’il ne voulait pas devenir entraîneur, mais le coup de tête sur Marco Materazzi a changé la donne.

« Rendez-vous le 9 juillet ». Raymond Domenech, témoignant des doutes entourant les chances de l’équipe de France à la Coupe du monde 2006, ne cessait d’énoncer ces mots face à la presse. Pour son premier Mondial sur le banc des Bleus (2004-2010), l’ex-sélectionneur avait vu juste puisque la sélection tricolore emmenée par Zinedine Zidane s’était hissée jusqu’à la finale de la Coupe du monde sur le sol allemand le 9 juillet 2006 contre l’Italie à Berlin. Forte de ses succès contre le Portugal (1-0), le Brésil (1-0) et l’Espagne (3-1) aux tours précédents, l’équipe de France s’inclinait au bout de la nuit contre la Squadra Azzurra (1-1 puis 3-5 aux tirs au but).
«S’il n’y avait pas eu le coup de boule en finale de la Coupe du monde 2006 face à l’Italie»
Zinedine Zidane n’était plus sur le terrain au moment de la cruelle séance de tirs au but pour l’équipe de France. La faute à un bref échange avec Marco Materazzi pendant les prolongations qui a fait perdre son sang-froid au meneur de jeu français débouchant sur un coup de tête sur le torse de l’Italien. Résultat : carton rouge pour le capitaine des Bleus qui signait donc une triste sortie après avoir inscrit une panenka en début de match. Zidane prenait ainsi sa retraite avant de revenir quelques années plus tard dans le costume d’entraîneur du Real Madrid et à présent de sélectionneur de l’équipe de France. Cependant, ce n’était clairement pas un projet de vie comme l’a révélé Frédéric Hermel, ex-correspondant de L’Équipe et de RMC à Madrid qui a suivi Zinedine Zidane pendant ses cinq saisons au Real Madrid (2001-2006 puis en tant que coach 2016-2018, 2019-2021). « A-t-il toujours évoqué son rêve d’être sélectionneur de l’équipe de France ? Il y a une théorie que je propose dans la biographie que j’ai consacré à Zidane qui est : s’il n’y avait pas eu le coup de boule en finale de la Coupe du monde 2006 face à l’Italie, s’il n’avait pas raté sa sortie en Bleus, je pense qu’il n’y aurait pas eu de Zidane sélectionneur. Je pense même qu’il n’y aurait jamais eu de Zidane entraîneur’ ».
«’Tu n’aurais pas envie d’être entraîneur un jour ?’. Il me dit ‘ça va pas non, jamais de la vie, tu rigoles’»
En pleine tournée promotionnelle pour son nouveau livre : C’est ça la foi !, Frédéric Hermel assure que Zinedine Zidane a embrassé une carrière d’entraîneur afin de délivrer une meilleure sortie que celle de l’Olympiastadion en équipe de France. « C’est parce que son histoire avec la France, avec le football, s’est mal terminée qu’il fallait qu’il écrive un nouveau chapitre, une autre histoire. D’ailleurs, quelques mois avant sa retraite, on est en novembre 2005. Je le vois après un entraînement au Real Madrid et lui dis : ‘tu n’aurais pas envie d’être entraîneur un jour ?’. Il me dit ‘ça va pas non, jamais de la vie, tu rigoles’ ».
«Il s’était même moqué de moi. ‘De toute façon de France 98, il n’y en a que deux qui peuvent être de grands entraîneurs, c’est Deschamps et Blanc’»
Pour Zinedine Zidane, seuls Didier Deschamps et Laurent Blanc étaient taillés dans le groupe France 98 pour devenir entraîneur comme Frédéric Hermel l’a révélé en interview pour Le Figaro. Le Ballon d’or 98 avait eu le nez. « Il s’était même moqué de moi. ‘De toute façon de France 98, il n’y en a que deux qui peuvent être de grands entraîneurs, c’est Deschamps et Blanc’. Il avait bien vu. Mais la sortie ratée fait qu’il fallait qu’il écrive une nouvelle histoire. La prochaine Coupe du monde est en 2030, la finale aura lieu au Santiago Bernabeu de Madrid, à peu près à 2 KM de sa maison à Madrid. Si le destin le veut, l’histoire sera différente de 2006. C’est quelqu’un qui a conscience d’avoir un destin. Son destin avec le foot devait bien se terminer. Ça s’est pas bien terminé en 2006, il faut pour lui que ça se termine bien en 2030 ».
Reste à savoir si Zinedine Zidane aura la possibilité de mettre un point final de la meilleure des manières en 2030 au Santiago Bernabeu, son jardin pendant plus de 10 ans en tant que joueur puis entraîneur.