Une polémique étonnante a suivi la qualification de l'Union Bordeaux Bègles pour la finale de la Champions Cup. L’Angleterre déplore les ralentis de la télévision française sur certaines actions jugées litigieuses du côté de Bath qui auraient pu être suivies d’un carton jaune pour des joueurs de Yannick Bru.

Tentante du titre, l'Union Bordeaux Bègles a décroché son billet pour la finale de Champions Cup contre le Leinster en s’imposant ce dimanche face aux Anglais de Bath (38-26). Après la victoire girondine, l’entraîneur adverse Johann van Graan l’avait mauvaise, reprochant quelques situations litigieuses sans pour autant enlever le mérite et la valeur de l'UBB. « Je ne suis pas un coach qui cherche à porter un regard négatif sur ce sport. Le rugby est merveilleux, et c’était un privilège pour nous d’être ici. La meilleure équipe nous a battus. Et j’ai beaucoup de respect pour les officiels de match, qui ont fait un très bon boulot. Mais nous devons nous assurer qu’il y ait une vraie cohérence et que les officiels bénéficient de tous les angles disponibles. Ce qui n’a pas l’air d’avoir été le cas, a confié le coach Sud Africain en faisant allusion à d’éventuels plaquages hauts de la part des défenseurs girondins sur Alfie Barbeary. Tout ce que nous, coaches, joueurs et supporters, demandons, c’est vraiment de la cohérence ».
« Le mieux serait que l’arbitre ait tous les angles disponibles pour lui »
A travers ces déclarations, Johann van Graan ne vise pas le corps arbitral mais bien la réalisation française du match diffusé sur France Télévisions. « Les officiels de match sont très importants, et Nika a fait un travail fantastique. Mais le mieux serait qu’il ait tous les angles disponibles pour lui, souligne-t-il. Pour un match aussi incroyable, nous devons nous assurer que les officiels aient le matériel dont ils ont besoin, et je n’ai certainement pas vu les angles en question venir à l’écran. On parle d’incidents sur la tête, sur notre numéro 8. Et je dirais que si vous avez l’opportunité d’évaluer leurs décisions, c’est bien de le faire. Si on le regarde et qu’on me dit qu’il n’y a pas faute, ça me va. Mais il faut s’en assurer. On a besoin de cohérence. »
« Le refus grotesque d’un réalisateur de télévision français de diffuser des ralentis »
Un journaliste du média anglais The Telegraph s’est pour sa part montré plus virulent sur le sujet, en intitulant son article : « Bath lésé par le refus grotesque d’un réalisateur de télévision français de diffuser des ralentis ». Et d’ajouter dans son papier : « Peut-être s’agit-il d’un biais inconscient, peut-être d’un favoritisme plus assumé, ou plus probablement d’un bon vieux manque de rigueur à la française. Tous les réalisateurs de rugby français sont des producteurs d’art et d'essai frustrés, bien plus intéressés par de longs plans sur de jolies supportrices ou par un ralenti d’un joueur en train d’applaudir que par la tâche plus banale de raconter le déroulement d’un match de rugby ».