Il a beau être la star incontestée du rugby français et une référence mondiale à son poste, Antoine Dupont n'a pas pour autant vécu que des moments heureux ces dernières années. Le capitaine du XV de France et du Stade Toulousain est notamment revenu en interview sur une épreuve qui a été particulièrement compliquée à vivre...

Les faits remontent au 8 mars 2025, alors que le XV de France défiait l'Irlande à Dublin dans le cadre du Tournoi des 6 Nations : Antoine Dupont avait été contraint d'abandonner ses coéquipiers en plein match à cause d'une grosse blessure. Le verdict est tombé 24h plus tard : le demi de mêlée des Bleus souffrait d'une rupture des ligaments croisés du genou droit, et a donc été éloigné des terrains pendant près de neuf mois. Une véritable épreuve pour Dupont, qui s'est confié sur cette grosse blessure en janvier dernier dans les colonnes de L'EQUIPE.
« C'est très pesant, on en a marre »
Antoine Dupont avouait notamment avoir eu très peur de ne jamais retrouver son meilleur niveau après ces neuf mois de convalescence : « Oui, bien sûr. Ma rééducation a eu des étapes compliquées, même si j'étais déjà passé par là. ça a été beaucoup plus douloureux les premières semaines à cause du trauma accidentel : un poids m'a cassé le genou. Ça a engendré beaucoup de gonflements, de douleurs pré et postopératoires. Durant les premiers mois de rééduc, j'ai eu du mal à récupérer ce retard pris au début, ça a été très compliqué et très douloureux. En sport collectif, on est habitué à s'entraîner avec les copains, à être dehors... À un moment, être tout seul, tous les jours, c'est très pesant, on en a marre », confie Antoine Dupont.

« Tu repenses à tout ce que tu as enduré... »
Et le joueur du Stade Toulousain s'est servi des différentes étapes ayant mené à sa guérison pour tenir le coup mentalement : « Reprendre la course était une étape hyper importante, physiquement mais surtout mentalement. Ce fut un gros step. Pendant trois mois et demi, je n'avais pas pu poser le pied au sol. Les premiers appuis faisaient mal, mais dans ces moments-là tu es tellement content que tu ne sens presque pas la douleur. Ensuite, il y a eu le retour au jeu avec les copains. Toucher du ballon, faire des petits exercices, même à deux à l'heure. Sentir que le terrain n'est pas loin, voir le bout du tunnel, ça fait du bien. La dernière étape, c'était de retrouver des sensations et des qualités athlétiques. Quand tu recommences à avoir des données comparables à ce que tu faisais avant, et des sensations, c'est un plaisir énorme. Tu repenses à tout ce que tu as enduré et c'est un soulagement », précise Antoine Dupont.