Antoine Dupont : Le problème est mental, «la confiance, ça se reconstruit plus lentement qu'une articulation»
Axel Cornic

Gravement blessé au genou droit, Antoine Dupont a fait son retour en novembre dernier avec son club du Stade Toulousain, avant de retrouver le XV de France. Et si ses premières sorties ont été plutôt encourageantes, le demi de mêlée de 29 ans semble rencontrer quelques difficultés depuis quelques semaines.

Avant sa blessure au genou en mars 2025, Antoine Dupont était au sommet de son art. Jonglant du XV au 7, la star du rugby français semblait tout réussir avec une facilité déconcertante, devenant rapidement le meilleur joueur de la planète. Mais tout s’est brusquement arrêté et désormais, on se demande si on reverra un jour ce joueur-là...

« Il revient d'une blessure importante, et cela prend du temps pour retrouver son propre rythme »

Car pour le moment, Antoine Dupont est loin de son niveau d’il y a un peu plus d’un an. Que ce soit avec le XV de France ou le Stade Toulousain il a montré des limites qu’on ne lui connaissait pas et ça a commencé à inquiéter, surtout avec la Coupe du monde 2027 qui approche à grands pas. Mais pour certains, il lui faut juste du temps. « Il revient d'une blessure importante, et cela prend du temps pour retrouver son propre rythme. Il lui faut se réadapter à une équipe qui a longtemps évolué sans lui. Et vice versa. Physiquement, tu peux revenir assez vite, mentalement ça prend plus de temps pour retrouver le timing, les automatismes et le flow » a expliqué Will Genia, ancien international australien, dans L’Equipe.

« Avant tu te sentais incassable, tu te jetais sur des gars de 120 kg, voire 140 kg »

« Quand je suis revenu après une blessure aux croisés, lors de mon retour, j'étais porté par l'envie, l'adrénaline et l'énergie accumulées après des mois de frustration. L'excitation et les nerfs, repoussent les limites » a poursuivi Will Genia. « Après ça se complique (...) le subconscient se met à cocher des cases, valide ta capacité à la prise de risques. C'est un mécanisme d'autoprotection naturel. Et puis tu as perdu une forme d'innocence, pris conscience que tu n'es pas surhumain. Avant tu te sentais incassable, tu te jetais sur des gars de 120 kg, voire 140 kg. Tu sautais, tu sprintais, enchaînais les changements d'appuis de manière brutale. La confiance, ça se reconstruit plus lentement qu'une articulation, surtout pour un joueur comme Dupont ».

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