La tournée estivale 2024 en Argentine, restera sans aucun doute dans les annales du rugby français. Mais pas vraiment pour les bonnes raisons, puisque le XV de France a été secoué par deux énormes scandales avec le dérapage raciste de Melvyn Jaminet, ainsi que l’affaire Jégou-Auradou, devenue un véritable incident diplomatique.

En juillet et aout 2024, on ‘a que très peu parlé de rugby. L’actualité était surtout occupée par les débats autour d’Hugo Auradou et Oscar Jegou, accusés de viol aggravé en Argentine, en marge d’un match du XV de France. Les deux avaient été placés en détention puis en résidence surveillée durant un mois, avant que la justice argentine ne prononce un non-lieu.
« Ne pas m’exprimer était un accord entre moi et le club »
Silencieux jusque-là, Auradou a décidé d’enfin aborder le sujet dans un entretien accordé à Sud Ouest. « Vivre ça à 20-21 ans, ce n’est pas anodin. Mais ça fait presque deux ans et tout ça est un peu derrière moi maintenant. Ne pas m’exprimer était un accord entre moi et le club, ça nous allait bien pour que je me concentre à fond sur le rugby. Sachant que les interviews, de base, n’ont jamais été mon point fort, ce n’était pas pour me déplaire de pouvoir être focalisé sur mes performances. Mais on estime que c’est le bon moment pour reprendre la parole. Après, tout ça fait aussi partie des obligations d’un joueur de rugby » a expliqué le deuxième-ligne de la Section Paloise.
« Je me souviens de mon premier match à domicile après tout ça »
« Je pense que j’ai beaucoup grandi en deux ans. J’ai retrouvé un équilibre de vie. Le soutien de la famille, des amis, du club, a été très important. Et quand je parle du club, je parle de tout le monde : les dirigeants, les joueurs, ceux qui nous accompagnent au quotidien, les supporters » a poursuivi Hugo Auradou, qui a depuis rejoué avec le XV de France. « Ça m’a énormément aidé. Je me souviens de mon premier match à domicile après tout ça, contre Castres. Je prends un carton jaune et le public se met à scander mon nom. Ça n’arrive pas souvent et c’était une belle preuve de soutien. Pour le reste, je ne me pose pas trop de questions. C’est derrière moi. Ce qui m’importe, c’est de continuer à jouer au rugby et à performer ».